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Études à Tohoku University Sendai - Guide complet 2026

Études en Asie

Comment intégrer Tohoku University ? QS #107, top sciences des matériaux au Japon (Honda Kotaro), Sendai, EJU+JLPT en japonais, Master en anglais. MEXT et FGL Program pour les étudiants français.

Tohoku University campus Aobayama Sendai

Lead image: Wikimedia Commons

Vous vous trouvez sur le campus Aobayama, dans la partie ouest de Sendai, sur une colline boisée qui domine la ville. À gauche, les bâtiments en verre de l’Institute for Materials Research - le plus ancien institut de science des matériaux en Asie, actif depuis 1916. À droite, entre les hêtres et les érables, une allée mène au bâtiment où Kotaro Honda inventa l’acier magnétique KS - le premier aimant permanent moderne au monde, qui allait révolutionner l’industrie de l’électronique grand public. En contrebas, à 350 mètres d’altitude, Sendai pulse : avenues de zelkovas, port, et en toile de fond les montagnes Ōu. Voici Tohoku University - la troisième université impériale du Japon, fondée en 1907, classée aujourd’hui #107 au QS 2026, mais #18 mondial en sciences des matériaux. Discrète, rigoureuse, tournée vers l’ingénierie. Aussi singulière que Sendai elle-même.

Ce guide explique pourquoi, pour un lycéen français passionné d’ingénierie ou de science des matériaux, Tohoku représente souvent un meilleur choix que Todai ou Kyodai, malgré un classement général moins élevé. Vous y trouverez les voies d’admission concrètes (FGL Program en anglais ou EJU+JLPT en japonais), les coûts réels en euros au taux de change actuel, la bourse MEXT via l’Ambassade du Japon à Paris, et ce qui se passe vraiment dans cette ville où le tsunami de 2011 a conduit l’université à créer un programme unique de Sustainable Disaster Studies. Les données s’appuient sur les publications officielles de Tohoku University Admissions, du classement QS World University Rankings 2026 et du MEXT - état en avril 2026.

#107
Classement QS mondial 2026
#18
Sciences des matériaux (QS 2026)
1907
3e université impériale du Japon
~40%
taux d'admission (programmes japonais)
~18 000
étudiants (11k licence + 7k graduate)
¥535k
frais de scolarité annuels (tous les étudiants)
Source : Tohoku University Admissions 2026, QS World University Rankings 2026, QS Subject Rankings 2026.

1. Tohoku University en bref - qui sont-ils et pourquoi comptent-ils ?

Tohoku University (東北大学, Tōhoku Daigaku) est une université publique fondée en 1907, la troisième université impériale du Japon après Tokyo (1877) et Kyoto (1897). Elle est installée à Sendai - capitale de la région Tōhoku, ville d’environ un million d’habitants dans le nord-est de Honshū, à 350 km de Tokyo (1 h 30 en shinkansen). #107 mondial au QS 2026, elle se distingue dans les classements disciplinaires : Top 30 mondial en sciences des matériaux (#18), Top 100 en physique, chimie, ingénierie et sciences des matériaux. Six prix Nobel sont associés à l’université. Historiquement, Tohoku est l’université japonaise la plus progressiste : première à avoir admis des femmes aux études (1913) et première à avoir employé des professeurs étrangers (1911). Frais de scolarité : JPY 535 800/an - identiques pour les Japonais et les étrangers.

Ce qui distingue Tohoku de la « grande troisième » japonaise, c’est son cœur d’ingénierie. Todai produit des hauts fonctionnaires et des juristes. Kyodai - des physiciens théoriciens et des philosophes. Tohoku - des spécialistes des matériaux, des chimistes appliqués et des ingénieurs. En 1916, Kotaro Honda inventa sur l’Aobayama l’acier magnétique KS - le premier aimant permanent moderne de l’histoire, fondement de l’industrie électronique grand public. En 1933, l’équipe de Honda créa le Sendust (alliage magnétique de fer, silicium et aluminium, encore utilisé aujourd’hui dans les têtes d’enregistrement magnétique), en 1934 le Permendur (alliage à perméabilité magnétique maximale, utilisé dans les transformateurs), et en 1926 Hidetsugu Yagi avec son assistant Shintaro Uda conçurent l’antenne Yagi-Uda - une antenne directive restée pendant un siècle le standard de la télévision, des radars militaires et des radiocommunications dans le monde entier.

Cette tradition d’ingénierie a des conséquences concrètes pour le candidat français. Si votre intérêt porte sur la physique appliquée, la science des matériaux, la chimie, la robotique, le génie mécanique, l’aéronautique ou les nouveaux matériaux pour batteries et semi-conducteurs - Tohoku est l’endroit où l’infrastructure de recherche, le réseau de laboratoires et la tradition de collaboration avec l’industrie japonaise (Toyota, Sony, NEC, Tohoku Steel, Mitsubishi Electric) vous apportent davantage qu’un classement général supérieur avec une faculté d’ingénierie surchargée. L’Institute for Materials Research (IMR) est le plus ancien institut de science des matériaux en Asie et l’un des trois plus grands centres mondiaux aux côtés du MIT et du Max Planck Institute for Iron Research.

Le deuxième élément distinctif de Tohoku, c’est le programme de Sustainable Disaster Studies. Après le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011, qui ont frappé la région Tōhoku de plein fouet (Sendai se trouve à 80 km de l’épicentre), l’université a créé l’International Research Institute of Disaster Science (IRIDeS) - un programme interdisciplinaire de niveau graduate alliant sismologie, génie civil, urbanisme, psychologie et politiques publiques. Pour les étudiants étrangers, il existe un programme de master entièrement en anglais consacré à la science des catastrophes durables. C’est une offre unique au monde - aucune autre université ne propose un programme ancré dans la réalité concrète d’une catastrophe et de la reconstruction d’une région, là même où l’université opère au quotidien.

2. Comment s’effectue l’admission à Tohoku University pour un lycéen français ?

Il existe trois voies d’admission pour un candidat français à Tohoku University, et le choix de la voie est la décision la plus importante de tout le processus. Chacune a ses propres exigences, ses délais et ses probabilités réelles - et chacune correspond à un profil différent de candidat.

Voie 1 - FGL Program (Licence en anglais). Le Future Global Leadership Program est la licence anglophone phare de Tohoku, lancée en 2010 pour les étudiants étrangers souhaitant étudier l’ingénierie, la biologie marine ou la chimie sans maîtrise préalable du japonais. Quatre parcours sont disponibles : Mechanical and Aerospace Engineering (génie mécanique et aérospatial), International Mechanical and Aerospace Engineering (génie mécanique avec une composante renforcée d’ingénierie globale), Applied Marine Biology (biologie marine, océanographie) et Advanced Molecular Chemistry (chimie moléculaire appliquée). Le quota total du FGL est d’environ 50 étudiants dans le monde par an. Conditions requises : TOEFL iBT ≥ 80 ou IELTS ≥ 6,5, résultat SAT ou ACT (SAT 1300+ recommandé, ACT 28+) ou Diplôme IB ≥ 36, relevés de notes du lycée, deux lettres de recommandation, essai de motivation (1 500 à 2 000 mots), portfolio optionnel. Le Baccalauréat français est accepté comme qualification de lycée - Tohoku évalue point par point les spécialités scientifiques approfondies (mathématiques, physique-chimie, SVT selon le parcours) ; obtenir une mention Très Bien dans les spécialités scientifiques est le minimum pratique pour Mechanical Engineering. Candidature en ligne via le portail Tohoku avant fin novembre, avec une entrée en octobre de l’année suivante. Le calendrier académique suit le cycle japonais : l’année commence le 1er octobre.

Voie 2 - Filière japonophone (EJU + JLPT). C’est la voie standard pour les Japonais et la grande majorité des étudiants étrangers hors d’Europe. Elle exige : l’EJU (Examination for Japanese University Admission for International Students) - examen à quatre sections : japonais comme langue étrangère (400 pts), sciences (mathématiques + physique/chimie/biologie, 200 pts), sciences sociales (200 pts). Tohoku exige généralement un minimum de 320/400 à la section japonais et au moins 70/100 dans chaque matière directement liée au cursus. À cela s’ajoute le JLPT N2 ou N1 selon la faculté (médecine, droit, économie - N1 obligatoire ; ingénierie, sciences exactes - N2 suffisant, mais N1 préféré). L’EJU peut être passé à Tokyo ou à Paris (une fois par an, en novembre). Pour un lycéen français, le seuil d’entrée représente au minimum 3 ans d’apprentissage intensif du japonais, soit réaliste 4 à 5 ans avec une année préparatoire supplémentaire (kenshūsei) au Japon.

Voie 3 - Bourse MEXT. La bourse du gouvernement japonais (Monbukagakusho) n’est pas à proprement parler une voie d’admission séparée, mais elle représente en pratique, pour de nombreux candidats français, le seul moyen réaliste de financer leurs études au Japon. Deux filières : embassy-recommended (candidature via l’Ambassade du Japon à Paris, mai-juin, épreuves de japonais, d’anglais et de la matière principale, entretien, décision en janvier) et university-recommended (candidature directement via Tohoku, principalement pour les masters et doctorats). La bourse couvre l’intégralité des frais de scolarité, le billet d’avion, et verse environ JPY 117 000/mois (~725 €) pour les licences, ~JPY 144 000 pour les masters. Ces dernières années, quelques dizaines de Français par an obtiennent une bourse MEXT pour l’ensemble des universités japonaises - Tohoku est l’une des plus fréquemment choisies par les boursiers MEXT en STEM, en raison de la force de ses filières d’ingénierie.

Il est important de comprendre la différence structurelle entre le système français et le système japonais d’admission. En France, l’entrée à l’université repose sur Parcoursup - un algorithme de matching fondé sur les résultats du Bac, le dossier scolaire et le projet de formation. Les classes préparatoires et les concours des grandes écoles ajoutent une couche compétitive supplémentaire. Au Japon, le système est mixte : pour les programmes japonophones, la notation des examens domine (assez proche dans l’esprit du système de concours), mais le FGL suit un modèle holistique - essai de motivation, lettres de recommandation, résultat du test standardisé, profil extrascolaire. C’est davantage un modèle américain que français. Un lycéen français candidatant au FGL doit donc apprendre à se présenter comme candidat avec une narration cohérente - ce qui le distingue, pourquoi Tohoku, pourquoi les sciences des matériaux. De bons résultats seuls ne suffisent pas : il faut une histoire.

Mai 2026
Dépôt candidature MEXT embassyDÉBUT
L'Ambassade du Japon à Paris ouvre les inscriptions MEXT pour la licence. Date limite de dépôt : environ fin juin. Épreuves écrites à Paris en juillet.
Sept 2026
Ouverture des candidatures FGL
Portail Tohoku FGL en ligne, documents préliminaires. Réservation des sessions TOEFL/IELTS, collecte des lettres de recommandation auprès des professeurs de terminale.
Nov 2026
Date limite FGLDEADLINE
Fin novembre - date limite absolue de candidature FGL pour l'entrée en octobre 2027. Dernière session SAT dont les résultats arriveront à temps. EJU novembre - pour la filière japonophone.
Jan 2027
Décision MEXT
L'Ambassade du Japon à Paris annonce la liste des boursiers MEXT français. Les candidats indiquent 3 universités préférées - Tohoku figure souvent dans le top 3 pour les profils STEM.
Fév 2027
Tri et liste restreinte FGL
La commission FGL de Tohoku évalue les dossiers et sélectionne une liste restreinte (environ 100 à 120 candidats sur une mise en candidature globale de 400+). Certains reçoivent des questions complémentaires.
Mars - Avr 2027
Entretien en ligne
Entretien Skype/Zoom de 30 à 45 minutes avec la commission du département (ex. Mechanical Engineering). Questions sur la motivation, les projets extrascolaires, la connaissance du Japon, le projet professionnel.
Juin 2027
Décision FGL
Lettre d'admission de Tohoku University. Décision relative à la Tohoku University Excellence Scholarship (couvre 100 % des frais de scolarité pour les meilleurs candidats FGL).
Juil - Août 2027
Visa + logement
Certificate of Eligibility de Tohoku → visa étudiant auprès de l'Ambassade du Japon à Paris, environ 4 à 6 semaines. Réservation University House Sanjo, Aobayama ou International House.
Oct 2027
Début du semestre
L'année académique japonaise commence le 1er octobre. Semaine d'orientation sur l'Aobayama, cérémonie de bienvenue, premier cours Japanese Language for FGL.

3. Combien coûtent les études à Tohoku University en euros ?

Les frais de scolarité à Tohoku University s’élèvent à JPY 535 800 par an, soit au taux de 1 JPY ≈ 0,0062 € (avril 2026) environ 3 320 € par an. Ce tarif est identique pour les Japonais et les étrangers - c’est la norme des universités nationales japonaises et la raison pour laquelle le budget annuel total à Sendai est nettement inférieur à ce qu’il serait aux États-Unis, au Royaume-Uni ou même dans la plupart des pays d’Europe occidentale.

Structure complète des frais :

  • Frais de scolarité : JPY 535 800 / an (~3 320 €). Payables en deux versements (avril et octobre) ou en une fois. Identiques pour tous les étudiants (Japonais et étrangers).
  • Frais d’inscription uniques (admission fee) : JPY 282 000 (~1 750 €). Payables une seule fois, à l’entrée. Couverts par la bourse MEXT.
  • EJU (si filière japonophone) : JPY 7 700 (~48 €) pour deux matières, JPY 14 200 (~88 €) pour trois matières.
  • Frais de candidature FGL : JPY 17 000 (~105 €), payables en ligne lors du dépôt de candidature.

Le coût de la vie à Sendai est inférieur de 30 à 40 % à celui de Tokyo et d’environ 20 % inférieur à celui de Kyoto. C’est l’effet direct du statut de Sendai : malgré son rang de plus grande ville de Tōhoku, elle demeure une métropole de second rang dans l’économie japonaise. Voici les fourchettes réelles :

  • Résidence universitaire (University House Sanjo / Aobayama / International House) : JPY 25 000-40 000 / mois (~155-248 €). Chambre individuelle avec cuisine commune.
  • Appartement privé 1K (studio + cuisine, format japonais classique) : JPY 35 000-55 000 / mois (~217-341 €).
  • Alimentation : JPY 25 000-35 000 / mois (~155-217 €). Restaurant universitaire - JPY 400-600 pour le déjeuner, ramen local - JPY 700-900 pour un bol.
  • Transports : JPY 4 000-6 000 / mois (~25-37 €). Carte IC pour les bus et le métro de Sendai.
  • Assurance maladie (National Health Insurance) : JPY 1 500-2 500 / mois (~9-16 €). Obligatoire pour tout séjour supérieur à 3 mois.
  • Livres, matériel, dépenses courantes : JPY 8 000-15 000 / mois (~50-93 €).

Budget mensuel total : JPY 90 000-140 000 (~558-868 €), selon le mode de vie. Budget annuel total : environ 8 900-10 650 € (frais de scolarité + vie courante). Pour comparaison : une année à Stanford (États-Unis) coûte environ 80 000-85 000 €, à Oxford (Royaume-Uni) environ 45 000-50 000 €, à l’ETH Zurich (Suisse) environ 13 000-15 000 €. Tohoku est moins cher que la plupart des grandes écoles d’ingénieurs françaises privées avec internat - une fois tout comptabilisé.

Budget annuel à Sendai (licence FGL undergraduate)

Frais de scolarité (année académique)
¥535 800
~3 320 €
Frais d'inscription (unique)
¥282 000
~1 750 €
Résidence universitaire (12 mois)
¥360 000
~2 230 €
Alimentation (12 mois)
¥360 000
~2 230 €
Transport + assurance + dépenses courantes
¥180 000
~1 115 €
TOTAL année 1 (avec frais d'inscription)
¥1 717 800
~10 650 €
TOTAL années 2-4 (sans frais d'inscription)
¥1 435 800
~8 900 €

Source : Tohoku University Tuition Schedule 2026, Sendai City Living Cost Survey 2025. Taux : 1 JPY = 0,0062 € (avril 2026).

Les bourses disponibles pour les candidats français se répartissent en quatre catégories.

MEXT (gouvernement japonais) - couverture complète des frais de scolarité, billet d’avion, JPY 117 000/mois (~725 €) pour les licences, ~JPY 144 000 pour les masters. Candidature via l’Ambassade du Japon à Paris, date limite fin juin, décision en janvier.

Tohoku University Excellence Scholarship - bourse interne de l’université couvrant 100 % des frais de scolarité pour les meilleurs étudiants FGL (sélection par la commission d’admission ; environ 10 à 15 bourses par an pour l’ensemble du programme FGL).

JASSO Honors Scholarship (Japan Student Services Organization) - JPY 48 000/mois (~298 €) pour les étudiants étrangers affichant d’excellents résultats.

Tuition Exemption - exonération totale ou à 50 % des frais de scolarité pour les étudiants en difficulté financière (demande à déposer chaque semestre). Les bourses CROUS (aides sociales françaises) ne couvrent pas les études au Japon, mais elles peuvent être maintenues partiellement selon votre établissement de rattachement en France si vous êtes en cotutelle ou en échange. Les Bourses du gouvernement français (MAE) peuvent financer certains stages de recherche en complément d’un cursus MEXT. Pour une vue d’ensemble complète des aides disponibles, Campus France publie un guide annuel des bourses pour le Japon.

Le Baccalauréat français ne se convertit pas directement en GPA japonais. Tohoku évalue point par point les spécialités scientifiques (mathématiques expertes, mathématiques approfondies, physique-chimie, SVT - selon le parcours FGL choisi). Pour Mechanical and Aerospace Engineering, le minimum pratique est d’avoir obtenu une mention Très Bien (ou Bien au minimum) avec les spécialités Mathématiques et Physique-Chimie. Pour Advanced Molecular Chemistry - Mathématiques et Physique-Chimie/SVT. Si vous souhaitez estimer comment votre Bac se positionne par rapport aux exigences FGL, utilisez notre calculateur de GPA avec l’option de conversion Bac français vers l’échelle japonaise 60-100.

4. Quels sont les points forts académiques de Tohoku University ?

Tohoku possède 10 facultés (Faculty/School) au niveau licence et 16 graduate schools. Pour un candidat français, six domaines méritent une attention particulière - ceux dans lesquels l’université est un leader mondial ou un acteur majeur incontesté.

1. Sciences des matériaux (Materials Science) - #18 mondial au QS Subject 2026. Le point fort absolu de Tohoku. L’Institute for Materials Research (IMR) est le plus ancien et l’un des trois plus grands instituts de science des matériaux au monde - depuis 1916, on y a inventé le magnet KS, le Sendust, le Permendur, et dans les décennies récentes, on y mène des recherches pionnières sur les alliages amorphes (metallic glass), les supraconducteurs à haute température, les nanostructures magnétiques et les matériaux pour l’économie de l’hydrogène. La collaboration avec l’industrie japonaise (Toyota, Sumitomo, Tohoku Steel) n’est pas du marketing - c’est la pratique quotidienne des laboratoires. Les programmes de master en sciences des matériaux sont dispensés entièrement en anglais (IMAC-G, GP-Mech).

2. Ingénierie (Engineering) - #69 mondial. La Faculté d’ingénierie de Tohoku est la deuxième plus grande du Japon après celle de Todai, avec des départements puissants en mécanique, aéronautique, robotique, ingénierie biomédicale et semi-conducteurs. C’est ici que se déroulent les parcours Mechanical and Aerospace Engineering et International Mechanical and Aerospace Engineering du FGL - en anglais intégral, licence de quatre ans avec possibilité de continuer directement en master sans changer d’université. Partenariats industriels : JAXA (agence spatiale japonaise), Mitsubishi Heavy Industries, Honda R&D. Pour un lycéen français passionné d’aéronautique ou de robotique, ces liens constituent un réseau de stages et de premier emploi sans équivalent en dehors de quelques grandes écoles d’ingénieurs françaises.

3. Physique et Chimie - Top 100 mondial dans les deux disciplines. Les six prix Nobel de Tohoku sont principalement des physiciens et des chimistes : Toshihide Maskawa (Nobel de physique 2008 pour la formulation de la matrice CKM de mélange des quarks - fondement du Modèle Standard de la physique des particules), Akira Suzuki (Nobel de chimie 2010 pour la découverte du couplage croisé Suzuki - aujourd’hui méthode de base de la synthèse des médicaments dans le monde entier, de l’anticancéreux à l’antiviral), Takaaki Kajita (Nobel de physique 2015 pour la découverte des oscillations des neutrinos dans le détecteur Super-Kamiokande). La physique théorique et la chimie organique appliquée sont les programmes avec la plus forte tradition de publications dans Nature et Science.

4. Médecine - Sendai School of Medicine. La faculté de médecine existe depuis 1817 (avant la fondation de l’université impériale ; initialement école médicale du domaine de Sendai). C’est l’une des plus anciennes facultés de médecine du Japon et la seule dans la région Tōhoku disposant d’un programme complet de 6 ans. Spécialités fortes : oncologie, cardiologie, immunologie. Hideyo Noguchi (portrait sur le billet japonais de 1 000 yens) - le bactériologiste qui identifia la cause de la syphilis comme bactérie Treponema pallidum dans les cerveaux de patients atteints de neurosyphilis - était lié à Tohoku comme conférencier et partenaire scientifique. Le programme de médecine est dispensé exclusivement en japonais - il exige le JLPT N1 et une procédure d’admission spécifique.

5. Biologie et Biologie marine - Applied Marine Biology FGL. Tohoku bénéficie d’une localisation unique en bordure du Pacifique (port de Shiogama, station marine d’Onagawa détruite par le tsunami de 2011 puis reconstruite). Le programme Applied Marine Biology du FGL est une licence anglophone de quatre ans en biologie marine, océanographie et biologie halieutique - une filière rare à l’échelle mondiale, avec 8 à 12 places par an. Les étudiants travaillent sur le terrain à la reconstruction des écosystèmes touchés par le tsunami.

6. Sustainable Disaster Studies - IRIDeS. Après la catastrophe du 11 mars 2011, Tohoku a créé l’International Research Institute of Disaster Science (IRIDeS) - un institut graduate interdisciplinaire alliant sismologie, génie civil, urbanisme, psychologie et politiques publiques. Le programme de master en Disaster Statistics et Disaster Science est entièrement en anglais, dédié aux étudiants étrangers du monde entier. C’est une offre unique au monde - Tohoku est la seule université globalement à proposer un programme ancré dans la réalité d’une catastrophe et d’une reconstruction régionale, là même où l’institution opère.

Top 6 filières à Tohoku - là où l'université excelle mondialement

#18
Sciences des matériaux
Le plus ancien et l'un des 3 plus grands instituts IMR au monde. Magnet KS, Sendust, Permendur, metallic glass. Partenariats Toyota, Sumitomo.
Master en anglais
#69
Ingénierie
2e faculté d'ingénierie au Japon. Mécanique, aéronautique, robotique, biomédical. Partenariats JAXA, Mitsubishi.
Licence FGL en anglais
Top 100
Physique et Chimie
6 prix Nobel (Maskawa 2008, Suzuki 2010, Kajita 2015). Physique théorique, chimie organique appliquée.
Master en anglais
1817
Médecine
Sendai School of Medicine - l'une des plus anciennes facultés de médecine du Japon. Oncologie, cardiologie, immunologie. Hideyo Noguchi.
FGL
Applied Marine Biology
Programme mondial rare de biologie marine. 8-12 places par an. Station marine d'Onagawa.
Licence FGL en anglais
IRIDeS
Sustainable Disaster Studies
Programme graduate unique post-tsunami 2011. Sismologie, urbanisme, psychologie des catastrophes.
Master en anglais

Source : QS World University Rankings by Subject 2026, Tohoku University Faculty Catalogue 2026.

5. Quelles sont les chances réelles d’un candidat français à Tohoku University ?

Le taux d’admission officiel de Tohoku University est d’environ 40 %, ce qui, dans le système japonais, signifie : 40 % des candidats ayant satisfait aux conditions de base (EJU passé, JLPT obtenu, frais de candidature réglés) sont admis. Mais ce chiffre est fortement filtré en amont - les candidats qui n’ont pas de chances réelles ne postulent généralement pas, ce qui rend le 40 % japonais non comparable au 40 % américain. La sélectivité réelle pour un candidat français dépend de la voie choisie.

Voie FGL. Le vivier mondial de candidatures représente environ 400 à 500 dossiers par an pour 50 places - soit un taux d’admission réel d’environ 10 à 12 %. Pour un candidat français sans profil distinctif (pas de résultat SAT solide, pas de projet ingénierie personnel, motivation générique), la probabilité tombe à 5 à 8 %. Pour un candidat avec un profil renforcé (mention Très Bien au Bac avec spécialités Maths et Physique, SAT 1400+, projet scientifique au lycée, essai ciblant précisément Tohoku) - 15 à 20 %. Des chiffres comparables à une candidature à l’EPFL ou à TU Delft : réalisable, mais pas automatique.

Voie EJU + JLPT. Le taux d’admission pour les étudiants étrangers passant par l’EJU est plus élevé (~30-40 %), mais cette voie exige 4 à 5 ans d’investissement préalable dans l’apprentissage du japonais. Elle s’adresse aux lycéens qui ont commencé le japonais dès le collège ou au lycée (lycée international, section LLCER japonais). Les Français candidatant directement depuis le lycée avec EJU + JLPT N1 représentent seulement quelques individus par an à l’échelle mondiale.

MEXT embassy-recommended. Statistiquement, c’est la voie la plus difficile. L’Ambassade du Japon à Paris alloue chaque année quelques bourses MEXT undergraduate pour l’ensemble des universités japonaises. Après succès dans la sélection MEXT, Tohoku est souvent choisie pour les profils STEM (après Todai et Kyodai). Probabilité réelle : moins de 2 % des candidats MEXT obtiennent la bourse.

Ce qui améliore les chances d’un candidat français :

  • Diplôme IB ≥ 36 - Tohoku comprend le Baccalauréat International mieux que le Bac français, car l’IB dispose d’une échelle internationale standardisée. Les lycées français proposant l’IB (Lycée International de Saint-Germain-en-Laye, Lycée Chateaubriand de Rome, lycées internationaux AEFE à l’étranger) constituent un solide point de départ.
  • Concours et olympiades scientifiques - être lauréat du Concours général des lycées (physique, chimie, mathématiques), des Olympiades nationales de physique-chimie, des Olympiades de mathématiques ou des Olympiades de physique améliore nettement la candidature. Tohoku FGL pondère ces distinctions comme “academic research distinction”.
  • Projet ingénierie concret au lycée - robotique FIRST (FRC/FTC), projet ingénierie mené dans le cadre de clubs lycéens ou de partenariats avec des établissements d’enseignement supérieur, concours de la Fondation C. Génial. Tout projet technique tangible dans le dossier.
  • Essai avec une justification précise de Tohoku - l’erreur la plus fréquente des candidats français est un essai “j’aime le Japon”. L’essai doit démontrer pourquoi Tohoku, et pas Todai ou Kyodai - référence à l’IMR, à un professeur spécifique, à un programme de recherche précis.
  • Résultat EJU ≥ 280/400 au japonais - même pour le FGL, une connaissance de base du japonais renforce la candidature, car elle montre un engagement réel pour s’installer dans le pays.
  • Deuxième langue asiatique - mandarin, coréen. Tohoku valorise les étudiants qui s’inscrivent dans l’écosystème régional de l’Asie de l’Est.

L’idée reçue la plus fréquente chez les candidats français (à déconstruire) : considérer que Tohoku serait une “option de repli” pour ceux qui n’atteignent pas Todai ou Kyodai. C’est inexact. Tohoku est sélective dans ses domaines forts (sciences des matériaux, ingénierie) à un niveau proche de celui de Todai. Une candidature au FGL en Mechanical Engineering avec un profil qui n’attirerait pas Todai sera éliminée dès le premier tour de sélection à Tohoku. Tohoku n’est pas une “deuxième ligue” - c’est une ligue différente, dans laquelle la concurrence est moindre, mais le niveau exigé dans les matières reste identique. Deuxième idée reçue : “le Bac seul suffit”. Non. Le Baccalauréat français est accepté comme qualification de lycée, mais Tohoku exige en plus, pour le FGL, un SAT/ACT ou IB, plus un TOEFL/IELTS. Le Bac seul ne remplace pas la filière de test standardisé américaine - exactement comme pour postuler aux universités américaines.

Si vous souhaitez évaluer précisément vos chances à Tohoku avec votre Bac, commencez par le calculateur de GPA, qui convertit votre Bac français en échelle japonaise 60-100, et comparez votre profil avec notre guide des Études en Asie, où nous analysons la sélectivité comparée de NUS, NTU, HKU, Todai, Kyodai et Tohoku dans une vue d’ensemble.

6. Comment se passe la vie étudiante et le campus de Tohoku University ?

Tohoku University possède trois campus principaux à Sendai (auxquels s’ajoute l’Aobayama New Campus en cours de consolidation).

  • Aobayama (partie ouest de la ville, campus d’ingénierie et de sciences - FGL, IMR, Faculté d’ingénierie, Faculté des sciences y sont implantés).
  • Kawauchi (centre-ville, campus des sciences humaines, de l’économie et du droit).
  • Hoshino (faculté de médecine et hôpital universitaire).
  • Seiryo (médecine clinique).

Chaque campus a son caractère propre - Aobayama est forestier et paisible, entouré du Jardin botanique de Tohoku University ; Kawauchi est en plein centre, avec l’animation étudiante d’un quartier universitaire vivant.

Sendai (~1 million d’habitants) est la capitale de la région Tōhoku, la plus grande ville du nord-est de Honshū, surnommée 杜の都 (Mori no Miyako, « ville des arbres ») pour ses allées de zelkovas qui traversent la ville. Le seigneur de guerre Date Masamune conçut Sendai au XVIIe siècle avec un boulevard à six voies - Jōzenji-dōri - traversant le centre-ville, bordé de zelkovas centenaires. Aujourd’hui, Sendai est la deuxième ville la plus verte du Japon (après Sapporo), avec 60 % de la superficie métropolitaine boisée. Climat : hivers froids avec de la neige (janvier-février : -2 à +5 °C, environ 60 cm de neige par an), printemps avec les cerisiers en fleurs au Yagiyama Zoological Park (mi-avril), étés modérés (juillet-août : 22-28 °C - bien plus agréables que le Tokyo humide à 35 °C), automnes avec les érables rouges à la mi-novembre.

Distance de Tokyo : 1 h 30 en shinkansen JR Tohoku Line de la gare de Tokyo à la gare de Sendai - un week-end à la capitale est parfaitement envisageable et bien moins coûteux qu’un Paris-Lyon en TGV (billet shinkansen environ JPY 11 200 / ~69 € aller simple, réduction étudiante de 20 %). Accès à la montagne et à la mer : parc national Bandai-Asahi (60 km à l’ouest, ski en hiver, randonnée en été), baie de Matsushima (30 min de train, l’une des trois plus belles baies du Japon), port de Sendai sur le Pacifique (15 min de métro). En été, les étudiants se rendent souvent à Yamagata pour les onsen thermaux, en hiver à Zaō Onsen pour le ski (1 heure de JR depuis Sendai).

Résidences universitaires de Tohoku - un avantage réel par rapport à Todai et Kyodai. L’université garantit une place en résidence la première année pour tous les étudiants FGL et MEXT : University House Sanjo (Aobayama, proche du campus d’ingénierie), Aobayama Dormitory (le plus récent, ouvert en 2018) et International House Sanjo (dédié aux étudiants étrangers, avec intégration via des tuteurs japonais). Chambres individuelles avec cuisine commune - JPY 25 000-40 000/mois (~155-248 €). À partir de la deuxième année, la plupart des étudiants s’installent dans des appartements privés de type 1K (studio + cuisine, au format japonais), pour JPY 35 000-55 000/mois (~217-341 €) dans les quartiers d’Aobayama, Kawauchi ou Yagiyama.

La communauté francophone à Sendai est petite mais réelle. Les étudiants français présents à un moment donné sont principalement des masters et des doctorants en ingénierie, sciences exactes et sciences des matériaux. Parmi les étudiants FGL en licence, les Français représentent chaque année zéro à deux personnes. Points de contact : l’Ambassade de France à Tokyo (événements nationaux le 14 juillet, réseaux d’anciens étudiants), le Bureau Campus France Japon qui organise des rencontres entre étudiants français au Japon, et les associations étudiantes francophones présentes dans l’écosystème universitaire japonais. Pour comparaison : à Tokyo, la communauté française d’étudiants compte plusieurs centaines de personnes avec un réseau actif d’anciens à Todai, Waseda et Keio. Sendai est plus petit et plus solitaire pour un Français - c’est un inconvénient réel à peser avant toute décision.

Sécurité, transports, vie quotidienne. Sendai affiche l’un des taux de criminalité les plus bas parmi les villes japonaises de plus de 500 000 habitants. Métro de Sendai (2 lignes) plus un réseau étendu de bus JR East. La carte IC (Suica/Pasmo) fonctionne partout. Le vélo est la norme pour les étudiants d’Aobayama - le campus est sur une colline, mais les pistes cyclables sont bien entretenues.

Internet : fibre 1 Gbit dans chaque résidence, forfait mobile à environ JPY 4 000/mois (~25 €) avec 20 Go de données (Rakuten Mobile, AU).

Vie nocturne : Sendai est plus calme que Tokyo - Kokubunchō (le quartier des bars et clubs) est ouvert jusqu’à 2h du matin, mais les soirées étudiantes se passent plutôt dans les izakaya autour de Higashi-Nibanchō.

Spécialités culinaires régionales : gyūtan (langue de bœuf grillée, spécialité locale), zunda mochi (dessert à base de fèves de soja fraîches), ramen miso de Sendai.

7. Qui sont les diplômés de Tohoku University et où travaillent-ils ?

Tohoku University compte parmi ses diplômés et enseignants six lauréats du prix Nobel ainsi qu’une longue liste de pionniers de la technologie, de physiciens et de médecins qui ont façonné le Japon moderne. Voici les noms à connaître avant d’envoyer sa candidature.

Kotaro Honda (1870-1954) - physicien, inventeur de l’acier magnétique KS (1916) et premier directeur de l’Institute for Materials Research. Honda est à la science des matériaux ce que Marie Curie est à la radioactivité - le fondateur d’une discipline à l’échelle nationale. Son alliage KS fut le premier aimant permanent moderne de l’histoire et le fondement de l’industrie électronique japonaise, dont sont issus Sony, Panasonic et Toshiba. Doctorat à Tohoku en 1911.

Hidetsugu Yagi (1886-1976) - ingénieur électronicien, créateur de l’antenne Yagi-Uda (1926, avec son assistant Shintaro Uda). L’antenne Yagi-Uda est restée pendant 100 ans le standard pour la télévision, les radars militaires de la Seconde Guerre mondiale (ironie de l’histoire : le Japon l’inventa, mais ce sont les Alliés qui l’exploitèrent dans leurs radars contre le Japon) et les radiocommunications. Il enseigna à Tohoku de 1919 à 1942.

Toshihide Maskawa (1940-2021) - physicien théoricien, prix Nobel de physique 2008 (avec Makoto Kobayashi et Yoichiro Nambu) pour la formulation de la matrice CKM de mélange des quarks - fondement du Modèle Standard de la physique des particules. Doctorat à Tohoku en 1967.

Akira Suzuki (1930-) - chimiste organicien, prix Nobel de chimie 2010 (avec Ei-ichi Negishi et Richard Heck) pour la découverte du couplage croisé de Suzuki - aujourd’hui la méthode de base de la synthèse des médicaments dans le monde entier (chaque médicament anticancéreux, antiviral et, plus récemment, les traitements contre le COVID-19 font appel au couplage de Suzuki). Doctorat à Tohoku en 1959, enseignant toute sa carrière.

Takaaki Kajita (1959-) - physicien expérimentaliste, prix Nobel de physique 2015 pour la découverte des oscillations des neutrinos (conjointement avec Arthur McDonald). Les expériences au Super-Kamiokande ont montré que les neutrinos ont une masse - ce qui a modifié de façon fondamentale notre compréhension de la cosmologie. Bachelor of Science à Tohoku en 1981.

Hideyo Noguchi (1876-1928) - bactériologiste, il identifia la bactérie Treponema pallidum comme cause de la syphilis dans les cerveaux de patients atteints de neurosyphilis. Il travailla principalement au Rockefeller Institute de New York, mais fut lié à Tohoku comme conférencier et partenaire scientifique. Son portrait figure sur le billet japonais de 1 000 yens depuis 2004. Il mourut de la fièvre jaune à Accra (Ghana) lors de recherches sur un vaccin.

Diplômés contemporains dans l’industrie : Tohoku est l’une des principales sources de cadres ingénieurs pour les géants technologiques japonais. Les recruteurs les plus actifs parmi les diplômés : Toyota Motor Corporation (liens étroits avec le département de mécanique de Tohoku - Toyota Aichi et Tohoku Steel sont des partenaires permanents), Sony Group, Panasonic, Mitsubishi Heavy Industries, Hitachi, NEC, Tohoku Electric Power, JR East. Salaire de départ moyen pour un diplômé Tohoku en ingénierie : JPY 4,5-5,2 millions par an (~27 900-32 200 €), ce qui, rapporté au coût de la vie au Japon, représente un pouvoir d’achat confortable - à mi-chemin entre un ingénieur débutant en province française et un ingénieur confirmé à Paris.

Les Français dans l’écosystème Tohoku : sur la base des registres publics MEXT et des listes d’anciens étudiants FGL, les diplômés français identifiables de Tohoku sont peu nombreux (estimation : quelques dizaines de personnes sur les 30 dernières années). La plupart travaillent dans des entreprises d’ingénierie japonaises au Japon ou dans des groupes internationaux (souvent en R&D chez des équipementiers automobiles ou dans le secteur des semi-conducteurs). Certains sont revenus en France et travaillent dans les centres R&D de groupes industriels (Renault, Airbus, Michelin, Thales, Safran). Le diplôme de Tohoku est reconnu par les recruteurs français en tech et en recherche, en particulier en sciences des matériaux, robotique et physique - même s’il est moins connu qu’un MIT ou un Oxford dans le recrutement généraliste.

8. Vaut-il la peine de postuler à Tohoku University depuis la France ?

Réponse courte : oui, si deux conditions sont réunies. D’abord : votre passion disciplinaire porte sur les sciences des matériaux, le génie mécanique, l’aérospatiale, la chimie appliquée ou la physique expérimentale - des domaines dans lesquels Tohoku est dans le Top 30 ou le Top 100 mondial. Ensuite : vous êtes prêt à travailler dans l’écosystème scientifique et industriel asiatique - une carrière au Japon, en Corée ou à Singapour, ou un retour en France dans les centres R&D des groupes technologiques. Si ces deux conditions sont remplies - Tohoku est le choix technique asiatique le plus puissant après Todai, avec le FGL Program offrant une voie sans japonais, un budget de 8 900-10 650 €/an et les laboratoires de l’IMR accessibles nulle part ailleurs dans la région.

Ne pas postuler si : vous envisagez une carrière dans le conseil ou la finance européens (le diplôme de Tohoku est moins reconnu qu’un HEC, ESSEC ou London Business School), si vous vous intéressez au droit, à l’économie, au journalisme ou aux sciences humaines (Tohoku excelle en STEM, mais ses humanités sont dans l’ombre de Todai et Kyodai), si vous n’êtes pas prêt à vous engager durablement dans la culture japonaise (4 ans à Sendai sans connaissances en japonais, même en FGL, entraîne une isolation sociale réelle), ou si votre Bac ne comporte pas de spécialités STEM solides (dans ce cas, l’admission en Mechanical Engineering FGL est pratiquement impossible).

Pour répondre à la première question des familles françaises - “est-ce financièrement accessible ?” - la réponse pour Tohoku est clairement différente de celle qu’on donnerait pour Stanford ou Oxford. Un budget annuel de 8 900-10 650 € est comparable à ce que coûte une école d’ingénieurs privée française de premier plan (Sup’Biotech, ESIEE Paris, Centrale privée hors statut public) avec logement inclus. Avec la bourse MEXT, le budget familial tombe à zéro, plus un billet d’avion aller-retour une fois par an (~450-700 €). Avec la Tohoku University Excellence Scholarship, les frais de scolarité sont pris en charge à 100 %, et la famille ne finance que le coût de la vie (~5 800 €/an). Tohoku est financièrement accessible d’une manière que la plupart des universités américaines et britanniques ne sont pas pour une famille française moyenne.

Deuxième question - “le diplôme sera-t-il reconnu en France au retour ?” - réponse OUI pour la majorité des métiers STEM. Tohoku University est reconnue dans le cadre des accords académiques franco-japonais. Le diplôme de licence ou de master ne nécessite pas de procédure d’équivalence pour exercer comme ingénieur, physicien, chimiste, biologiste ou développeur. Exception : médecine (nécessite une procédure d’autorisation d’exercice en France via le Ministère de la Santé), droit (hors pratique internationale) et certaines professions réglementées (architecture, pharmacie selon les cas). Pour les parcours STEM typiques après Tohoku - aucun obstacle formel au retour en France.

Troisième question - “visas, stabilité, sécurité ?” - le Japon en 2026 est l’un des pays les plus stables au monde pour les étudiants étrangers sur le plan migratoire. Le visa étudiant (Student Visa, 留学) est délivré par l’Ambassade du Japon à Paris en 4 à 6 semaines après réception du Certificate of Eligibility (CoE) délivré par Tohoku. Pas de quotas restrictifs, pas de tensions politiques dirigées contre les étrangers (à la différence des États-Unis post-2024 ou du Royaume-Uni après le Brexit). Après les études : le Designated Activities Visa permet 6 à 12 mois de recherche d’emploi, puis un Visa d’ingénieur ou un Visa de spécialiste en sciences humaines/services internationaux assure un séjour long terme. Parcours vers la résidence permanente (eijuken) : 10 ans de séjour continu ou 5 ans pour les spécialistes hautement qualifiés dans les secteurs en pénurie (et le génie des matériaux en fait partie). Le Japon manque activement d’ingénieurs qualifiés et encourage ouvertement les étrangers à s’y installer.

Recommandation concrète : si vous avez des spécialités Maths + Physique-Chimie (ou Maths + SVT) au Bac, un profil scientifique solide, et si les sciences des matériaux, l’aéronautique, la robotique, la biologie marine ou la chimie appliquée vous passionnent - postulez au FGL de Tohoku en parallèle de la bourse MEXT embassy-recommended via l’Ambassade du Japon à Paris. C’est la stratégie offrant le meilleur ratio chances/effort dans l’écosystème asiatique. Pour estimer comment votre Bac se positionne face aux exigences FGL, essayez notre calculateur de GPA. Si vous souhaitez échanger avec un conseiller sur l’ensemble de la stratégie de candidature à Tohoku - optimisation du profil FGL et préparation au MEXT incluses - prenez rendez-vous pour une consultation gratuite de 30 minutes avec notre conseiller spécialisé dans les universités japonaises.

Tohoku depuis la France - verdict

OUI, si :

  • Passion : sciences des matériaux, génie mécanique/aéronautique, chimie, physique expérimentale
  • Spécialités Bac Maths + Physique-Chimie (ou SVT) avec mention Bien ou Très Bien
  • Projet de carrière au Japon ou en Asie de l'Est
  • Budget 8 900-10 650 €/an accepté ou candidature MEXT déposée
  • Essai avec une justification précise de Tohoku (pas "j'aime le Japon" en général)

NON, si :

  • Projet de carrière dans le conseil ou la finance européens
  • Intérêt pour le droit, l'économie, le journalisme, les sciences humaines
  • Pas de souhait d'engagement durable dans la culture japonaise
  • Absence de spécialités STEM solides au Bac
  • Recherche d'un "repli facile" par rapport à Todai/Kyodai (Tohoku est sélective dans ses points forts)

Questions fréquentes (FAQ)

Peut-on étudier en anglais à Tohoku University ?

Oui. Le Future Global Leadership Program (FGL) est une licence de quatre ans entièrement en anglais - quatre parcours : Mechanical and Aerospace Engineering, International Mechanical and Aerospace Engineering, Applied Marine Biology, Advanced Molecular Chemistry. Le FGL accueille environ 50 étudiants dans le monde par an. Tohoku propose également de nombreux masters et doctorats en anglais (IGPAS, IMAC-G, GP-Mech) - la plupart des filières scientifiques au niveau graduate disposent d'un English track complet.

Combien coûte une année d'études à Tohoku University pour un étudiant français ?

Les frais de scolarité s'élèvent à JPY 535 800 par an (~3 320 € au taux de 1 JPY ≈ 0,0062 €, avril 2026) - le même tarif que pour les Japonais, ce qui est la norme des universités publiques japonaises. S'y ajoutent des frais d'inscription uniques de JPY 282 000 (~1 750 €). Le coût de la vie à Sendai est d'environ JPY 75 000-95 000 par mois (~465-590 €), soit 30 à 40 % moins cher qu'à Tokyo. Budget annuel total : environ 8 900-10 650 €.

Qu'est-ce que le FGL Program et qui peut postuler ?

Le Future Global Leadership Program (FGL) est la licence phare de Tohoku University entièrement en anglais, lancée en 2010 pour les étudiants étrangers. Candidature via le portail Tohoku avant fin novembre (entrée en octobre de l'année suivante). Prérequis : TOEFL ≥ 80 ou IELTS ≥ 6,5, résultats SAT/ACT ou IB, relevés de notes du lycée, deux lettres de recommandation, essai de motivation. Le Baccalauréat français est accepté comme qualification de lycée - Tohoku valorise les spécialités scientifiques avancées (mathématiques, physique-chimie, SVT selon le parcours).

Le programme MEXT couvre-t-il les étudiants de Tohoku University ?

Oui. Tohoku est l'une des principales universités cibles pour les boursiers MEXT (Monbukagakusho). Deux voies : embassy-recommended (candidature via l'Ambassade du Japon à Paris, délai mai-juin) et university-recommended (directement par Tohoku, principalement pour les masters et doctorats). La bourse couvre les frais de scolarité intégraux, le billet d'avion et verse environ JPY 117 000/mois (~725 €) pour les licences, ~JPY 144 000 pour les masters. La Tohoku University Excellence Scholarship couvre en outre 100 % des frais de scolarité pour les meilleurs étudiants FGL.

Pourquoi Tohoku est-elle célèbre pour les sciences des matériaux ?

Parce qu'elle est le berceau historique de la science des matériaux au Japon. En 1916, Kotaro Honda y inventa l'acier magnétique KS - le premier aimant permanent moderne au monde. Les décennies suivantes virent naître à Tohoku le Sendust (alliage magnétique), le Permendur (alliage à haute perméabilité) et l'antenne Yagi-Uda (Hidetsugu Yagi, 1926), ancêtre de toutes les antennes de télévision dans le monde. L'Institute for Materials Research (IMR), actif depuis 1916, est le plus ancien institut de ce type en Asie. Classement QS par matière 2026 : Tohoku est 18e mondial en sciences des matériaux.

Comment se passe la vie étudiante à Sendai pour un Français ?

Sendai (~1 million d'habitants) est la capitale tranquille et verdoyante de la région Tohoku, surnommée "ville des arbres" (杜の都, Mori no Miyako) pour ses allées de zelkovas. Distance de Tokyo : 1 h 30 en shinkansen JR Tohoku. Hivers froids avec de la neige, étés modérés (bien plus agréables que le Tokyo humide). La communauté francophone à Sendai est petite - quelques dizaines de personnes à tout moment, principalement des masters et doctorants en ingénierie et sciences exactes. Points de contact : Ambassade de France à Tokyo, réseau Campus France Japon.

Le diplôme de Tohoku University est-il reconnu en France ?

Oui. Tohoku University est reconnue dans le cadre des accords académiques franco-japonais. Le diplôme de licence ou de master ne nécessite pas de procédure d'équivalence formelle pour la plupart des métiers STEM. Exception : médecine, droit et certaines professions réglementées exigent des démarches spécifiques auprès des instances françaises compétentes. Auprès des recruteurs français en tech et en recherche, Tohoku est reconnue notamment en sciences des matériaux, robotique et physique.

Tohoku, Todai ou Kyodai - laquelle choisir ?

Cela dépend du profil. Todai (QS ~28) offre le meilleur classement mondial, est forte en économie, droit et diplomatie, mais la compétition y est féroce. Kyodai (QS ~46) excelle en philosophie, physique théorique et biologie moléculaire avec 11 lauréats Nobel. Tohoku (QS ~107) domine en sciences des matériaux (#18 mondial), ingénierie et études sur les catastrophes - et propose de loin la filière anglophone la plus accessible (FGL ~50 places vs Todai PEAK ~30 ou Kyodai iUP ~20). Pour un futur ingénieur en matériaux, Tohoku est le choix le plus judicieux.

Guides College Council associés

Sources

  1. Tohoku University Admissions Office - site officiel de l’admission, description du programme FGL, calendriers de candidature (consulté : avril 2026).
  2. Tohoku University Future Global Leadership Program - détails des 4 parcours FGL, conditions requises, frais (consulté : avril 2026).
  3. QS World University Rankings 2026 - classement général #107, #18 en sciences des matériaux, Top 100 en ingénierie/physique/chimie.
  4. MEXT - Ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie du Japon - programme de bourses Monbukagakusho, montants des bourses, liste des universités.
  5. Ambassade du Japon en France - recrutement MEXT - portail français de candidature embassy-recommended, délais, épreuves.
  6. Tohoku University Institute for Materials Research - histoire de l’IMR depuis 1916, laboratoires, professeurs, projets de recherche.
  7. Tohoku University International Research Institute of Disaster Science (IRIDeS) - description du programme Sustainable Disaster Studies, structure des programmes de master.
  8. JASSO - Japan Student Services Organization - bourses Honors Scholarship, données sur les étudiants étrangers au Japon.
  9. Campus France - Japon - informations pour les étudiants français souhaitant étudier au Japon, bourses, démarches.
  10. Sendai City Tourism and International Affairs - données sur la ville, coût de la vie, transports publics.
  11. QS World University Rankings by Subject 2026 - Materials Science - classement détaillé #18 mondial.

Article mis à jour : 25 avril 2026. Les données relatives aux frais de scolarité, au taux de change et aux classements reflètent l’état en avril 2026. En cas de modification de la politique de bourses MEXT ou du taux JPY/EUR, consultez les informations actualisées sur les sites officiels de Tohoku University, de l’Ambassade du Japon à Paris et de la Banque centrale européenne.


Résumé (TL;DR). Tohoku University est une université publique japonaise fondée en 1907 à Sendai, #107 au QS 2026, mais #18 mondial en sciences des matériaux - le choix japonais le plus puissant pour un futur ingénieur en matériaux, mécanicien ou chimiste venant de France. La filière anglophone FGL Program offre 50 places par an dans le monde (Mechanical/Aerospace, Marine Biology, Molecular Chemistry), candidature avant fin novembre. Frais de scolarité JPY 535 800/an (~3 320 €), identiques pour les Français et les Japonais. Budget annuel total à Sendai : 8 900-10 650 € - accessible pour une famille française. La bourse MEXT via l’Ambassade du Japon à Paris couvre tout. Six prix Nobel, berceau de l’antenne Yagi et de l’aimant KS, Institute for Materials Research depuis 1916. Verdict : OUI pour les passionnés de STEM ; NON pour le conseil, le droit ou les sciences humaines.

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