Le mail qui change un budget d’études vient rarement d’une commission de bourses. Il arrive de votre dossier CAF, deux lignes, fin novembre : « Votre demande d’aide au logement est acceptée — premier versement le mois prochain. » Une étudiante que j’ai accompagnée, en master à Paris-Saclay, a touché 190 € par mois d’APL pendant deux ans, au-dessus d’une place en université publique facturée 254 € l’année. Ce qu’elle avait compris, et que la plupart des candidats ne voient jamais, c’est qu’elle n’avait pas gagné cette aide au sens d’un concours. Elle l’a réclamée, tôt, sur un formulaire de cinq minutes. En France, le financement le mieux pensé n’est pas celui qu’on décroche : c’est celui qu’on n’oublie pas de demander.
Voici l’essentiel. Pour un étudiant français, l’aide centrale est la bourse sur critères sociaux du CROUS, échelonnée selon les revenus du foyer et demandée via le Dossier social étudiant (portail ouvert en janvier). Autour d’elle gravitent l’aide au logement de la CAF (150–230 €/mois, caf.fr), la mobilité Erasmus+ (300–520 €/mois) et les bourses de fondation des grandes écoles couvrant 30 à 100 % des frais. Plus connue mais hors sujet pour vous : la bourse Eiffel (1 200 €/mois en master), réservée aux candidats hors UE. Le cadrage honnête — celui qu’on donne à chaque famille — c’est qu’en France, la bourse est rarement ce qui fait tenir le budget. Les frais publics de 178–254 €/an, l’APL et le droit de travailler sans restriction font déjà le gros du travail. Ce guide classe les aides qui comptent vraiment pour un étudiant français, explique à qui chacune s’adresse, et montre pourquoi ceux qui finissent dans la meilleure position financière sont les organisés, pas les chanceux.
Cet article s’inscrit dans notre guide complet pour étudier en France, qui couvre les frais, Parcoursup, le choix de filière et l’orientation. Ici, on creuse une seule chose : l’argent.
Bourses en France, les chiffres clés 2025/2026
Source : CROUS / messervices.etudiant.gouv.fr (bourse, logement, repas) ; CAF (APL/ALS) ; programme Erasmus+ ; pages des fondations d’écoles ; décret du ministère de l’Enseignement supérieur sur les droits d’inscription, 2025/26.
Le classement des aides — ce que chacune est, et pour qui
Le tableau ci-dessous liste les aides que les étudiants demandent réellement, avec le chiffre marquant et la seule chose qu’il faut savoir sur chacune. Lisez d’abord la colonne « pour qui » : en France, la plupart des déceptions viennent d’une demande déposée pour un dispositif auquel on n’était jamais éligible. Pour un étudiant français, le cœur du menu, c’est la bourse CROUS, l’APL et les fondations d’écoles ; les bourses gouvernementales les plus médiatisées, elles, visent les candidats hors UE.
| # | Aide | Valeur · pour qui · comment demander |
|---|---|---|
| 1 | Bourse CROUS (sur critères sociaux) | Échelonnée selon les revenus du foyer + exonération des frais et de la CVEC · étudiants français / UE · via le Dossier social étudiant (DSE), ouvert en janvier |
| 2 | Aide au logement CAF (APL / ALS) | 150–230 €/mois · toutes nationalités, sur logement éligible · demande en ligne après signature du bail |
| 3 | Bourse de mobilité Erasmus+ | 300–520 €/mois · étudiants en échange ou mobilité dans l'UE/EEE · via le bureau des relations internationales |
| 4 | Bourses de fondation des grandes écoles (HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC, INSEAD) | 30–100 % des frais (qui vont ici de 15 k€ à 57 k€) · toutes nationalités · avec la candidature |
| 5 | Traitement des normaliens (ENS) | Rémunération de fonctionnaire-stagiaire contre engagement de service · admis sur concours · ENS Ulm, ENS de Lyon |
| 6 | Émile Boutmy (Sciences Po) | Jusqu'à 18 500 €/an, parfois + aide à la vie · licence & master, hors UE · automatique sur le dossier d'admission |
| 7 | Bourse Eiffel (programme d'excellence) | 1 200 €/mois master · 2 100 €/mois doctorat (2026) + voyage + santé · hors UE uniquement · présenté par l'établissement d'accueil |
| 8 | Contrat doctoral + dispositifs de recherche | Contrat de thèse financé (~2 200 €/mois brut) · doctorants · via l'école doctorale |
| Source : CROUS, CAF, Campus France, Sciences Po, pages des fondations d'écoles, 2025/26. L'ordre reflète la portée et la valeur pour un étudiant français, pas un classement strict ; l'éligibilité est le filtre décisif. Vérifiez toujours les montants et les dates en cours sur la page officielle. | ||
Deux constantes valent la peine d’être posées avant de bâtir un plan de financement. D’abord, les aides les plus médiatisées — Eiffel, BGF — visent les étudiants hors UE : elles existent précisément parce que les candidats hors UE paient des frais d’établissement plus élevés et supportent des coûts de voyage qu’un étudiant français n’a pas. Ensuite, presque rien ici n’est une demande indépendante qu’on dépose dans son coin : la bourse CROUS passe par le DSE, l’APL par la signature du bail, les bourses de fondation s’accrochent à votre admission. Conséquence concrète : votre stratégie de candidature et votre stratégie de financement sont le même projet, et elles partagent les mêmes échéances.
La bourse CROUS, expliquée comme il faut
Pour un étudiant français, la pièce maîtresse est la bourse sur critères sociaux (BCS), gérée par les CROUS pour le compte de l’État. Elle s’adresse à tout étudiant de moins de 28 ans à la première demande, et son montant suit un système d’échelons, de 0 bis à 7, calculés à partir des revenus du foyer fiscal, du nombre d’enfants à charge et de l’éloignement entre le domicile et le lieu d’études. Au-delà de l’argent versé, l’effet majeur passe souvent inaperçu : un boursier est exonéré des droits d’inscription et de la CVEC, et paie son repas au resto U 1 € au lieu de 3,30 €.
La mécanique qui fait trébucher, c’est le calendrier. La bourse se demande chaque année, en amont, via le Dossier social étudiant (DSE) sur messervices.etudiant.gouv.fr, dont le portail ouvre en janvier pour la rentrée suivante. Le même dossier sert à demander un logement CROUS : une seule démarche, deux aides. La séquence est donc : vous estimez votre échelon avec le simulateur, vous remplissez le DSE entre janvier et le printemps, vous joignez votre avis fiscal, puis vous confirmez à l’inscription. Rater la fenêtre de janvier, c’est risquer de toucher la bourse avec plusieurs mois de retard, ou de passer à côté d’un logement à loyer modéré.
Ce que cela implique en pratique : traitez le DSE comme un rendez-vous fixe de janvier, au même titre que vos vœux d’orientation. Les étudiants qui financent le mieux leurs études sont ceux qui déposent le dossier tôt, prennent une chambre CROUS et réclament l’APL dès la signature du bail. La bourse CROUS est l’épine dorsale ; tout le reste se construit autour.
Sciences Po, les grandes écoles et le financement des business schools
En dehors des aides publiques, les bourses les plus généreuses sont attachées à des établissements précis — et elles le sont par nécessité, car ces établissements facturent de vrais frais de scolarité. Une université publique coûte 254 € l’année en master ; la bourse Émile Boutmy existe parce que Sciences Po applique des droits indexés sur les revenus, qui peuvent atteindre 14 900 €/an en bachelor et davantage en master. Du nom du fondateur de l’école, la Boutmy est l’aide phare de Sciences Po pour les étudiants internationaux hors UE, de la prise en charge partielle jusqu’à 18 500 €/an, parfois avec une aide à la vie quotidienne. Pour un étudiant français, ce n’est pas la porte d’entrée — vous relevez des droits indexés et de la bourse CROUS — mais il faut connaître le dispositif : il n’y a pas de formulaire séparé, l’évaluation est automatique sur le dossier d’admission dès lors que vous déclarez votre situation financière, donc l’échéance se confond avec la date d’admission de Sciences Po (mi-janvier pour une entrée en septembre).
Les business schools et grandes écoles font tourner leurs propres fondations, et les montants y sont les plus élevés en valeur absolue parce que la scolarité l’est aussi. HEC Paris, dont le Master in Management sur deux ans coûte environ 57 700 €, alimente les bourses de la Fondation HEC ; l’ESSEC a ses International Excellence awards ; l’ESCP, l’EDHEC et EM Lyon ont chacune les leurs ; INSEAD gère un large ensemble de bourses MBA, sur critères de besoin et de mérite, face à un programme à plus de 100 000 €. Ces aides couvrent en général 30 à 100 % des frais, toutes nationalités confondues, et se demandent en même temps que la candidature — inutile de les courir avant d’avoir une admission ou une candidature ouverte. Si une grande école est votre cible, bâtissez votre budget en partant de l’hypothèse que vous payez plein tarif, et traitez toute bourse de fondation comme la réduction qui rend une école chère abordable, pas comme ce qui décide si vous pouvez y aller ou non.
Pour les écoles d’ingénieurs et les écoles normales supérieures, la logique de financement change encore. CentraleSupélec et les autres écoles d’ingénieurs facturent des droits proches du public (autour de 4 000 €/an), et les ENS — ENS Ulm, ENS de Lyon — vont plus loin : elles versent à leurs normaliens un traitement de fonctionnaire-stagiaire en échange d’un engagement de service, une voie qui passe par le concours français plutôt que par l’admission classique.
Le financement qui bat la plupart des bourses
Voici ce que je dis aux familles et que les brochures de bourses passent sous silence : en France, l’aide nommée est rarement ce qui fait tenir le budget. Le système public comporte trois subventions intégrées qui, empilées, pèsent plus lourd que la plupart des bourses — et, contrairement à un concours, vous ne les disputez à personne. Il suffit de les réclamer, dans les premières semaines, avant que les files ne se forment.
Les frais d’inscription sont la première subvention, et elle est énorme. Dans une université publique, vous payez 178 €/an en licence et 254 €/an en master (Ministère de l’Enseignement supérieur) — le tarif d’un étudiant de l’UE, donc le vôtre (un candidat hors UE acquitte, lui, 2 895–3 941 €). Face aux 24 000–40 000 £ par an demandés à un étudiant international au Royaume-Uni, l’écart entre une place en fac française et une place britannique dépasse, à lui seul, presque toutes les bourses de cette page. La « bourse » que beaucoup d’étudiants oublient, c’est tout simplement de choisir l’université publique plutôt que le privé.
La CAF est la deuxième. La Caisse d’allocations familiales verse une aide mensuelle au logement (APL ou ALS) à tout locataire d’un logement éligible en France, quelle que soit sa nationalité, soit 150–230 €/mois pour un étudiant (caf.fr). Sur deux ans de master, cela fait 3 600 à 5 500 € que vous n’avez ni à gagner, ni à défendre en entretien : vous faites la demande en ligne après avoir signé votre bail, et l’argent arrive sous deux ou trois mois. L’aide se cumule avec la bourse et avec un emploi étudiant. La plupart des étudiants ne la réclament tout simplement jamais.
L’emploi étudiant est la troisième. En France, un étudiant peut travailler sans restriction à côté de ses cours, au SMIC fixé à 12,31 €/h brut à partir de juin 2026 (service-public.fr). Mené régulièrement, cela représente plusieurs milliers d’euros par an, et un stage rémunéré en master 2 rapporte bien davantage. Beaucoup d’universités prévoient en plus des emplois étudiants sur le campus, compatibles avec l’emploi du temps.
Mettez les trois bout à bout et le calcul devient sans appel. Un étudiant en master à l’université publique paie 254 € de frais, touche 180 €/mois d’APL (2 160 €/an), et gagne 6 000 à 9 000 € en travaillant à temps partiel — il finit dans une bien meilleure position nette que celui qui a couru après une bourse et l’a manquée. Les étudiants qui terminent un cursus français dans la meilleure forme financière ne sont pas les heureux lauréats d’une bourse ; ce sont ceux qui ont pris une chambre CROUS, réclamé l’APL dès la première semaine, et calé un stage rémunéré en deuxième année. Pour voir comment tout cela s’articule avec le logement CROUS, Parcoursup et le coût de la vie, consultez le guide complet sur la France.
Étudiant français ou candidat hors UE — deux paysages de financement opposés
La question la plus importante à trancher au sujet des bourses françaises est celle qu’aucune brochure ne pose en premier : êtes-vous ressortissant de l’UE/EEE, ou pas ? Les deux groupes affrontent des paysages si différents qu’un conseil écrit pour l’un induit l’autre en erreur.
Si vous êtes étudiant français — ou plus largement ressortissant de l’UE (allemand, italien, espagnol, polonais…), vous payez les mêmes 178–254 €/an qu’un citoyen français, vous travaillez sans aucune restriction, et vous pouvez réclamer la CAF. Vos vraies voies de financement sont la bourse CROUS sur critères sociaux (selon les revenus, via le DSE), les bourses de mobilité Erasmus+ de 300–520 €/mois si vous partez en échange, et, le cas échéant, votre fondation de grande école. Le cadrage honnête : votre bourse, c’est le système de frais publics. Déposez le DSE si les revenus du foyer le justifient, prenez la bourse Erasmus+ si vous êtes en mobilité, et bâtissez sinon votre budget sur des frais minimes + l’APL + un emploi.
Si vous êtes candidat hors UE (une grande partie de l’Afrique, de l’Amérique latine, de l’Asie, du Moyen-Orient, et depuis le Brexit le Royaume-Uni), vous payez les frais d’établissement plus élevés (2 895–3 941 € à l’université publique, bien davantage en grande école), et c’est exactement pour cela que les aides les plus riches vous sont réservées : la bourse Eiffel, la Bourse du gouvernement français (BGF) et la bourse Émile Boutmy sont taillées pour ce profil — à présenter via l’établissement d’accueil ou l’ambassade. Les étudiants de l’UE qui comparent les destinations ont aussi tout intérêt à regarder l’Allemagne, où les frais sont quasi nuls, et les Pays-Bas, qui proposent le plus large catalogue de cursus en anglais de l’UE.
Décrocher concrètement un financement — une méthode qui marche
Le conseil habituel s’arrête à « candidatez tôt ». C’est vrai mais inutile. Voici la méthode qui fonctionne, dans l’ordre, issue de l’accompagnement de familles dans leurs candidatures françaises.
Commencez par l’admission, parce que le financement la suit. Les bourses de fondation s’accrochent à votre offre, la Boutmy roule sur votre dossier d’admission, et même la bourse CROUS suppose une inscription. Rien ici ne se gagne avant d’être admis ou d’avoir une candidature vivante : votre premier travail, c’est un dossier solide dans le bon établissement — voyez notre guide des meilleures universités en France pour bâtir votre liste, et les guides par filière comme étudier la médecine en France là où ils s’appliquent.
Déposez le Dossier social étudiant en janvier. C’est le geste à plus fort effet de levier de tout le processus, et celui que trop d’étudiants repoussent. Estimez votre échelon avec le simulateur, remplissez le DSE dès l’ouverture du portail, et utilisez le même dossier pour demander un logement CROUS — une seule démarche couvre l’argent et le toit.
Calez l’aide sur votre éligibilité, sans pitié. Ne gaspillez pas une année sur un dispositif que vous ne pouvez pas obtenir. Français / UE : bourse CROUS, Erasmus+, fondations d’écoles. Hors UE : Eiffel, BGF, Boutmy. Notez les deux ou trois aides auxquelles vous êtes réellement éligible, et ignorez le reste.
Empilez, ne courez pas après une bourse unique « tout compris ». Les financements quasi intégraux existent, mais ils sont rares. Le plan fiable, c’est frais publics + APL + emploi étudiant comme base, avec toute aide nommée comme multiplicateur par-dessus. Construisez le budget pour qu’il tienne même si chaque demande de bourse échoue — car, pour beaucoup d’étudiants, plusieurs échoueront.
Respectez des échéances qui ne sont pas celles que vous croyez. Le DSE ouvre en janvier, des mois avant la rentrée. La Boutmy se cale sur la date d’admission de Sciences Po. L’APL se demande dès la signature du bail. Cartographiez chaque échéance à rebours de votre rentrée et traitez-les comme absolues, comme le guide France traite Parcoursup.
Comment College Council vous aide
Nous avons conçu College Council pour éliminer les deux choses qui font le plus souvent dérailler une candidature française bien financée : un dossier de fond trop faible, et une échéance manquée sur une aide — comme la bourse CROUS — qui se demande en amont plutôt que de tomber toute seule.
Les bourses de fondation comme la Boutmy se décrochent sur la force de l’admission, pas sur un dossier de financement séparé — le travail qui compte, c’est donc de rendre votre candidature assez solide pour être celle qui est retenue. Si votre projet déborde la France, préparez le SAT numérique dans notre appli SAT et candidatez largement sur un seul effort ; et pour les cursus en anglais, notre appli TOEFL propose des tests blancs TOEFL iBT complets avec correction de l’expression orale et écrite par IA.
La partie la plus difficile, c’est le jugement : quelle université vise juste pour votre profil, à quelles aides vous êtes éligible, et comment caler des échéances qui tombent des mois avant celles que les candidats attendent. C’est ce que nous travaillons avec les familles, en nous appuyant sur les mêmes données universitaires qui nourrissent ce guide. Inscrivez-vous sur College Council et passez votre profil dans app.college-council.com/chances : le moteur projette vos résultats du bac sur des fourchettes d’admission réalistes parmi les établissements français que vous comparez — la base sur laquelle se construit tout plan de financement. Vous pouvez explorer chaque université française — filières, frais et données d’admission — dans notre Atlas des universités.
Foire aux questions
Quelles bourses pour étudier en France en 2026 quand on est français ?
Pour un étudiant français, les voies principales sont : la bourse sur critères sociaux du CROUS (échelonnée selon les revenus du foyer, demandée via le Dossier social étudiant, portail ouvert en janvier) ; l’aide au logement de la CAF (150–230 €/mois pour un étudiant locataire) ; la bourse Erasmus+ pour une mobilité (300–520 €/mois) ; et les bourses de fondation des grandes écoles (HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC, INSEAD) couvrant 30 à 100 % des frais. À cela s’ajoutent les frais publics statutaires de 178–254 €/an, qui constituent en réalité la plus grosse subvention de tout le système.
Comment fonctionne la bourse sur critères sociaux du CROUS ?
La bourse sur critères sociaux (BCS) est l’aide principale pour les étudiants français. Elle est échelonnée par échelons (de 0 bis à 7) selon les revenus du foyer fiscal, le nombre d’enfants à charge et l’éloignement du lieu d’études. Elle se demande chaque année via le Dossier social étudiant (DSE) sur messervices.etudiant.gouv.fr, dont le portail ouvre en janvier pour la rentrée suivante — la même demande sert aussi à réserver un logement CROUS. Les boursiers sont exonérés des frais d’inscription et de la CVEC, et payent leur repas au resto U à 1 € au lieu de 3,30 €.
Quels sont les frais d'inscription dans une université publique en France ?
Dans une université publique, les frais d’inscription statutaires sont de 178 €/an en licence et 254 €/an en master pour les étudiants de l’UE, dont les Français (les candidats hors UE acquittent 2 895–3 941 €/an). C’est, de loin, l’élément le plus important du financement : face aux 24 000–40 000 £/an des universités britanniques pour un étudiant international, ce plancher de frais publics pèse plus lourd que la quasi-totalité des bourses citées ici. La vraie « bourse » que beaucoup d’étudiants oublient, c’est simplement de choisir l’université publique plutôt que le privé.
Qu'est-ce que l'aide au logement de la CAF et qui peut l'obtenir ?
La Caisse d’allocations familiales verse une aide mensuelle au logement (APL ou ALS) à tout locataire d’un logement éligible en France, quelle que soit sa nationalité, soit 150–230 €/mois pour un étudiant. Sur deux ans de master, cela représente 3 600 à 5 500 € que vous n’avez ni à gagner, ni à mériter sur dossier : vous faites la demande en ligne après avoir signé votre bail, et l’argent arrive sous deux à trois mois. L’APL se cumule avec la bourse CROUS et avec un emploi étudiant. Beaucoup d’étudiants ne la réclament tout simplement jamais.
Qu'est-ce que la bourse Émile Boutmy de Sciences Po ?
La bourse Émile Boutmy est l’aide financière phare de Sciences Po, du nom du fondateur de l’école. Elle est réservée aux étudiants internationaux hors UE et va d’une prise en charge partielle des frais jusqu’à 18 500 €/an, parfois assortie d’une aide à la vie quotidienne. Pour un étudiant français, donc de l’UE, ce n’est pas la voie : on relève plutôt des droits de scolarité indexés sur les revenus du foyer que Sciences Po applique, et de la bourse CROUS sur critères sociaux. La Boutmy s’obtient automatiquement sur le dossier d’admission, sans formulaire séparé, à condition de déclarer sa situation financière.
Qu'est-ce que la bourse Eiffel et un étudiant français peut-il l'obtenir ?
La bourse Eiffel (programme d’excellence Eiffel), gérée par Campus France pour le ministère des Affaires étrangères, est l’aide la plus connue pour étudier en France — mais elle est réservée aux candidats hors UE. Elle verse 1 200 €/mois en master et 2 100 €/mois en doctorat à partir de 2026, plus le voyage et la couverture santé, et c’est l’établissement d’accueil qui présente le candidat, sans candidature directe. Un étudiant français, ressortissant de l’UE, n’y est donc pas éligible : votre équivalent fonctionnel est la bourse CROUS, plus Erasmus+ si vous partez en mobilité.
Existe-t-il des bourses qui couvrent tous les frais en France ?
Pour un étudiant français, la question se pose autrement : les frais à couvrir sont déjà minimes. Avec 178–254 €/an de droits d’inscription, l’enjeu n’est pas la scolarité mais le coût de la vie — logement, alimentation, transport. Sur ce terrain, l’empilement bourse CROUS + APL de la CAF + repas à 1 € + petit boulot couvre, à lui seul, une grande partie du budget, sans avoir à décrocher une bourse unique « tout compris ». Les écoles normales supérieures vont plus loin : leurs normaliens, recrutés sur concours, perçoivent un traitement de fonctionnaire-stagiaire en échange d’un engagement de service.
Quelles sont les dates des bourses françaises en 2026 ?
Le calendrier dépend de l’aide. Pour la bourse CROUS, le Dossier social étudiant (DSE) s’ouvre en janvier sur messervices.etudiant.gouv.fr pour la rentrée suivante : c’est la date à ne pas manquer, et le même dossier sert à demander un logement. L’aide au logement de la CAF se demande dès que le bail est signé. Erasmus+ suit le calendrier de votre université via le bureau des relations internationales. Les bourses de fondation des grandes écoles se demandent en même temps que la candidature. Pour Sciences Po, la Boutmy est liée à la date d’admission (mi-janvier pour une entrée en septembre).
Synthèse — comment financer un cursus en France
Le système de bourses français est réel mais étroit au sommet, et les aides qui semblent les plus généreuses visent surtout les étudiants hors UE : la bourse Eiffel (1 200 €/mois en master, 2 100 €/mois en doctorat), la Bourse du gouvernement français, et la Boutmy de Sciences Po (jusqu’à 18 500 €/an), avec les fondations de grandes écoles couvrant 30 à 100 % des frais élevés que ces écoles facturent. Pour un étudiant français, le centre de gravité est ailleurs : la bourse CROUS sur critères sociaux, l’APL et les fondations d’écoles, toutes accrochées à votre inscription ou à votre admission, jamais à une candidature isolée.
La vérité profonde, c’est que la France finance ses étudiants moins par des bourses que par sa structure. Des frais publics de 178–254 €/an, l’aide au logement de la CAF, la couverture santé étudiante et le droit de travailler sans restriction forment une subvention que peu d’autres destinations égalent, accessible à qui la réclame plutôt qu’à qui la gagne. Bâtissez votre budget sur ce socle, déposez le DSE en janvier, et vous terminerez votre cursus dans une position financière que les frais affichés du Royaume-Uni ou des États-Unis font paraître presque irréels.
Prochaines étapes
- Tranchez d’abord votre éligibilité — étudiants français / UE : bourse CROUS, Erasmus+ et fondations de grandes écoles ; candidats hors UE : Eiffel, BGF, Boutmy et bourses de fondation.
- Bâtissez un dossier solide — le financement suit l’admission, alors commencez par notre guide des meilleures universités en France et établissez votre liste dans l’Atlas des universités.
- Déposez le DSE en janvier — la même démarche couvre la bourse CROUS et le logement ; n’attendez pas l’inscription pour vous en occuper.
- Empilez le financement structurel — réclamez l’APL dès la première semaine, prenez une chambre CROUS et planifiez un stage rémunéré en deuxième année ; ensemble, ils battent la plupart des bourses.
- Situez-vous — inscrivez-vous sur College Council et passez votre profil dans app.college-council.com/chances ; préparez tout test d’anglais dans notre appli TOEFL.
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Sources et méthodologie
Les détails sur les bourses proviennent de sources officielles — CROUS, CAF, Campus France, Sciences Po et établissements — recoupées avec le jeu de données Atlas des établissements français de College Council et notre expérience d’accompagnement des familles. Montants, éligibilité et dates changent chaque année, et nombre d’aides se demandent en amont plutôt qu’au dernier moment, alors vérifiez toujours le chiffre et la procédure en vigueur sur la page officielle avant de candidater.
- CROUS / messervices.etudiant.gouv.fr — bourses sur critères sociaux (échelonnées selon les revenus, via le Dossier social étudiant, portail ouvert en janvier), logement et repas à 3,30 € au restaurant universitaire
- CAF — aide au logement (APL / ALS) sur caf.fr (150–230 €/mois typiques pour un étudiant, toutes nationalités)
- Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche — décret annuel sur les droits d’inscription, 2025/26 (licence ~178 €, master ~254 € ; hors UE 2 895 € / 3 941 €)
- service-public.fr — droit au travail des étudiants et SMIC (travail sans restriction pour les étudiants UE ; SMIC 12,31 €/h brut à partir de juin 2026)
- Erasmus+ — erasmus-plus.ec.europa.eu (bourses de mobilité intra-UE, en général 300–520 €/mois)
- Sciences Po — bourse Émile Boutmy (jusqu’à 18 500 €/an pour les étudiants hors UE ; sur critères sociaux et de mérite, évaluée sur le dossier d’admission)
- Campus France — programme d’excellence Eiffel (1 200 €/mois master ; 2 100 €/mois doctorat à partir de 2026 ; hors UE ; présenté par l’établissement)
- Pages des fondations d’écoles — Fondation HEC, ESSEC International Excellence, Fondation ESCP, EDHEC Excellence, bourses MBA INSEAD sur critères de besoin (30–100 % des frais, demandées avec la candidature)
- College Council — jeu de données Atlas de l’enseignement supérieur (identité des établissements français, filières et données de localisation) et expérience d’accompagnement des familles