Il est 7 h 40 par un matin gris d’octobre dans le 13e arrondissement de Paris, et l’amphithéâtre de la faculté de la Pitié-Salpêtrière est déjà aux trois quarts plein. Ce sont des étudiants de PASS — des prétendants à la première année de médecine —, peut-être quatre cents dans la salle, ordinateurs ouverts, canettes d’énergie alignées comme des munitions. D’ici juin, moins d’un tiers d’entre eux décrochera une place en deuxième année. Quelques rangs plus loin, une bachelière qui a eu sa mention au lycée d’à côté annote une diapo de biochimie. Derrière elle, un garçon entré par Parcoursup, qui a payé 175 € de droits pour l’année entière, se demande s’il n’aurait pas mieux fait de choisir la voie L.AS. C’est là que commence le parcours d’un médecin français : pas à l’hôpital, mais dans un amphi bondé, en découvrant que le plus dur, en médecine en France, c’est de franchir la première année.
Voici l’essentiel. Vous pouvez vous former au métier de médecin en France pour environ 175 € par an de droits publics — les mêmes frais réglementés de la filière santé que paie tout étudiant — et en ressortir, neuf à onze ans plus tard, avec un diplôme reconnu dans toute l’Union européenne, qui vous permet d’exercer partout en Europe (service-public.fr). Le hic est unique et non négociable : la première année est un filtre de sélection brutal. La France a supprimé l’ancien numerus clausus de la PACES en 2020 et l’a remplacé par deux voies d’entrée, le PASS et la L.AS, régies par un numerus apertus fixé localement (Ministère de la Santé). Parmi les familles que nous accompagnons chez College Council, médecine reste l’ambition la plus exigeante — et celle où une bonne lecture du couple PASS/L.AS, ou un mauvais choix de mineure, décide souvent de tout.
Cet article est le complément ciblé de notre guide complet pour étudier en France. Il couvre ce qui est propre à la médecine : comment fonctionne réellement le système PASS/L.AS, combien de temps dure le parcours et ce que contient chaque cycle, quelles facultés et quels CHU comptent, les vrais coûts, la candidature Parcoursup et le calendrier, et ce que vaut un diplôme de médecine français si vous voulez plus tard exercer à l’étranger. Si vous pesez la France face à d’autres voies vers la médecine, lisez-le en parallèle de nos guides sur les études de médecine en Italie via l’IMAT et les études de médecine en Grèce — deux pistes anglophones que beaucoup considèrent pour contourner le goulot d’étranglement du PASS/L.AS.
Études de médecine en France, chiffres clés 2025/2026
Source : service-public.fr (frais, reconnaissance du diplôme) ; Ministère de la Santé / Ministère de l’Enseignement Supérieur (réforme PASS/L.AS) ; Parcoursup. Chiffres 2025/26 ; vérifiez le montant exact des droits santé sur la page de votre faculté.
Pourquoi faire médecine en France ?
Quand on grandit en France, la médecine n’est pas un pari coûteux mais un parcours d’élite quasi gratuit — à condition de passer la première année. Là où une faculté britannique facture plus pour une semaine de médecine clinique qu’une fac française pour une année, le système public hexagonal vous forme au même métier pour une poignée d’euros. La valeur est réelle, et ce n’est pas une astuce — mais elle s’accompagne d’une condition qui élimine beaucoup de candidats dès l’entrée, alors soyez lucide tôt.
Le premier atout, c’est le coût. Une faculté de médecine publique facture les droits réglementés de la filière santé : environ 175 €/an pour les premiers cycles et 243 €/an pour les années de niveau master, plus la contribution obligatoire CVEC d’environ 103 € à la vie étudiante. Sur six années avant l’internat, la facture totale de scolarité d’un étudiant tourne autour de 1 100 €. Ce n’est pas une coquille. Face aux 15 000–25 000 €/an de la loterie des facultés privées européennes, le public français joue dans une autre catégorie.
Le deuxième atout, ce sont les CHU. La formation médicale française est soudée au système des Centres Hospitaliers Universitaires, et dès le deuxième cycle vous êtes dans les services comme externe (stagiaire clinique), au contact réel des patients et avec un petit salaire. Les facultés parisiennes alimentent l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris), le plus grand groupe hospitalier d’Europe avec 39 hôpitaux ; Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux et Strasbourg ancrent chacune un grand CHU régional. On n’apprend pas la médecine française dans les seuls manuels — on l’apprend en faisant des prises de sang et en rédigeant des observations dans un vrai service.
Le troisième atout, c’est la reconnaissance et la demande. Le diplôme d’État de docteur en médecine est reconnu automatiquement dans toute l’UE/EEE, et la France elle-même manque de médecins — la raison même pour laquelle l’État a relevé d’environ 15 % les places en deuxième année en supprimant le numerus clausus. Un médecin diplômé en France a un emploi quasi garanti et, s’il le souhaite plus tard, une mobilité européenne immédiate avec son diplôme.
Face à tout cela, gardez un fait dur en tête : la première année est un filtre de sélection impitoyable. Sur les quatre cents étudiants d’un amphi de PASS, les deux tiers ne passeront pas en deuxième année. Si vous ne vous voyez pas tenir une année de travail intense avec ces probabilités, ou si vous n’avez pas un dossier scientifique solide pour démarrer, la médecine en France n’est pas le chemin le plus court — et la voie IMAT en Italie ou un cursus anglophone d’Europe centrale pourront mieux vous convenir.
Comment fonctionne la fac de médecine — PASS, L.AS et les trois cycles
La chose la plus importante à comprendre, c’est que la France a entièrement refondu son système d’entrée en médecine en 2020, et que la plupart des guides anciens en ligne décrivent encore le système mort. Oubliez la PACES. Voici le système en vigueur.
La première année : PASS ou L.AS
Depuis la rentrée 2020/21, il existe deux façons d’accéder à la deuxième année de médecine, et vous en choisissez une :
- PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) — une première année axée santé. L’essentiel de vos cours est biomédical (anatomie, biochimie, biophysique, biologie cellulaire), mais vous devez aussi suivre une mineure dans une autre discipline — droit, biologie, psychologie, mathématiques — afin de pouvoir, si vous ne passez pas en deuxième année, poursuivre dans la licence de cette matière plutôt que de perdre l’année entière.
- L.AS (Licence Accès Santé) — une licence classique (en biologie, chimie, droit, STAPS, voire en lettres) à laquelle on greffe une option santé. Vous passez l’essentiel de votre temps sur la licence principale et une part sur les modules de santé.
À la fin de l’année, les étudiants sont classés, et un quota fixé localement — le numerus apertus, décidé par chaque université avec son agence régionale de santé (ARS) — détermine combien d’entre eux passent en deuxième année de médecine (ou de dentaire, pharmacie, maïeutique — les filières MMOP). Le grand changement par rapport à l’ancienne PACES, c’est la disparition du plafond national : chaque faculté fixe son propre nombre, et les totaux ont grimpé d’environ 15 % au niveau national pour combattre la pénurie de médecins. La limite dure qui a survécu : deux tentatives au maximum pour entrer en deuxième année, toutes voies confondues. Échouez deux fois, et vous ne pouvez plus repostuler via le PASS/L.AS.
Les trois cycles après la première année
Une fois la porte franchie, la médecine française se déroule en trois cycles :
- Premier cycle — DFGSM (Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales) : la phase des sciences générales, trois ans en comptant l’année de sélection. Fondamentaux, sémiologie, premiers contacts avec l’hôpital.
- Deuxième cycle — DFASM (Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales) : trois ans comme externe, en rotation dans les services hospitaliers avec un salaire, en préparant l’épreuve nationale de classement. Ce cycle se conclut par les EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales), héritières réformées des anciennes ECN, qui classent chaque étudiant de France.
- Troisième cycle — l’internat : votre rang aux EDN et vos vœux décident de votre spécialité et de votre ville. La médecine générale dure trois ans ; des spécialités comme la cardiologie, la radiologie ou la psychiatrie quatre à cinq ; la chirurgie cinq à six. Vous obtenez le diplôme d’État de docteur en médecine assorti d’un DES (Diplôme d’Études Spécialisées) dans votre domaine.
Au total, le parcours dure neuf ans pour un généraliste, onze ou plus pour un chirurgien. La caractéristique française décisive, c’est que l’épreuve de classement de deuxième cycle, et non une candidature séparée, attribue à la fois votre spécialité et votre ville de formation.
Les meilleures facultés françaises de médecine — où se former
La France compte environ 35 facultés de médecine, toutes publiques et toutes formant au même programme national et au même examen EDN. Cela rend leur « classement » trompeur — les vraies différences sont le CHU rattaché, la profondeur de la recherche et la ville où vous voulez passer une décennie. Le tableau ci-dessous regroupe les facultés sur lesquelles on nous interroge le plus, chacune reliée à sa fiche College Council. Lisez la numérotation comme un ordre de lecture, pas comme un classement.
| # | Université | Réputée pour (médecine) |
|---|---|---|
| 1 | Sorbonne Université | Faculté de Médecine Sorbonne · Pitié-Salpêtrière & AP-HP · neurosciences, cardiologie, oncologie · la recherche la plus profonde de France |
| 2 | Université Paris Cité | UFR de Médecine (ex-Descartes/Diderot) · AP-HP · immunologie, maladies infectieuses, génétique · la plus grande faculté parisienne |
| 3 | Université de Montpellier | La plus ancienne école de médecine en activité au monde (1220) · CHU Montpellier · héritage clinique, cardiologie, maladies rares |
| 4 | Université Claude Bernard Lyon 1 | Hospices Civils de Lyon (2e CHU de France) · maladies infectieuses, transplantation, neurologie |
| 5 | Aix-Marseille Université | Faculté des Sciences Médicales · AP-HM Timone · maladies tropicales et infectieuses (IHU Méditerranée), neurosciences |
| 6 | Université de Strasbourg | CHU Strasbourg · IHU de chirurgie guidée par l'image (IRCAD) · chirurgie mini-invasive, transplantation |
| 7 | Université de Lille | L'un des plus grands campus santé de France · CHU Lille · santé publique, neurologie, diabète et métabolisme |
| 8 | Université Toulouse 3 Paul Sabatier | Faculté de Santé · CHU Toulouse · oncologie (Oncopole), cardiologie, médecine aérospatiale |
| 9 | Université Grenoble Alpes | CHU Grenoble Alpes · médecine de montagne et d'urgence, neurosciences, génie biomédical |
| 10 | Nantes Université | CHU Nantes · immunologie-transplantation, recherche en cancérologie, faculté très active en recherche sur l'Atlantique |
| 11 | Université de Lorraine | Faculté de Médecine de Nancy · CHRU Nancy · cardiologie, vieillissement et maladies chroniques, formation par simulation |
| 12 | Université de Tours | CHRU Tours · neuro-imagerie, médecine de la reproduction, faculté de taille moyenne bien cotée en Val de Loire |
| Source : jeu de données Atlas des établissements d'enseignement supérieur français de College Council ; affiliations faculté et CHU d'après les sites institutionnels, 2025/26. L'ordre est une séquence de lecture choisie, pas un classement ; toutes les facultés françaises forment au même standard national. | ||
Deux points pratiques avant de faire votre liste. D’abord, le CHU compte plus que la marque. Comme toutes les facultés passent le même examen national EDN, votre exposition clinique dépend de la taille et de la diversité des cas de l’hôpital rattaché, pas d’une position au classement. Paris (AP-HP) et Lyon (Hospices Civils) sont les deux géants ; Marseille, Lille, Strasbourg, Bordeaux et Toulouse ancrent de grands CHU régionaux. Ensuite, votre ville fait partie de la décision — vous y vivrez la plus grande partie d’une décennie, et le match de l’EDN peut ensuite vous envoyer ailleurs pour l’internat, alors pesez la qualité de vie, le coût et la force de la spécialité que vous visez. Explorez chaque faculté française, ses programmes et sa localisation dans notre Atlas des universités.
PASS ou L.AS : choisir la bonne voie et construire son filet de sécurité
La décision la plus stratégique de tout le parcours se prend avant même la première rentrée : faut-il viser le PASS ou la L.AS ? Ce n’est pas une simple formalité administrative, c’est votre assurance contre le redoublement impossible.
Le PASS est la voie la plus directe et la plus dense : presque tous vos cours sont biomédicaux, et vous progressez vers la deuxième année au sein d’une cohorte entièrement tournée vers la santé. C’est souvent le meilleur choix si vous avez un excellent dossier scientifique, une grande capacité de travail et une certitude sur le métier. Son talon d’Achille : si vous échouez, vous basculez dans la licence de votre mineure — d’où l’importance de la choisir comme une vraie matière de repli, pas par défaut.
La L.AS inverse l’équilibre : l’essentiel de votre temps est consacré à une licence classique (biologie, chimie, droit, STAPS…), avec une option santé en complément. Vous avancez plus lentement vers la médecine, mais vous bâtissez un diplôme universitaire solide en parallèle. C’est souvent le meilleur choix si vous voulez garder une porte de sortie crédible, ou si votre profil est solide sans être au sommet absolu en sciences pures.
La règle d’or, dans les deux cas : planifiez l’échec autant que la réussite. Les deux tiers des étudiants ne passent pas en deuxième année du premier coup, et la mineure du PASS comme la licence d’accueil de la L.AS existent précisément pour qu’ils en ressortent avec un diplôme exploitable. N’oubliez pas non plus la limite à deux tentatives : vous pouvez retenter une fois, mais pas indéfiniment. Les étudiants qui ne préparent que le scénario du succès sont ceux que le système punit le plus durement.
Admissions — candidater en médecine sur Parcoursup
L’entrée en médecine passe par Parcoursup, la plateforme nationale du supérieur, exactement comme le décrit notre guide parent sur les études en France pour l’ensemble de l’enseignement supérieur. La médecine y ajoute simplement une exigence scientifique forte.
Le calendrier Parcoursup. Vous formulez vos vœux PASS et/ou L.AS parmi vos vœux sur la plateforme, qui ouvre mi-janvier ; la liste des vœux se ferme en mars, et les réponses arrivent à partir de fin mai. Vous pouvez panacher : viser un PASS dans une faculté et une L.AS dans une autre, ou multiplier les L.AS de disciplines différentes, pour maximiser vos chances d’accroche.
Ce que regardent les facultés. Un dossier scientifique au sommet de la fourchette : de bonnes notes en mathématiques, physique-chimie et SVT (les spécialités du bac, idéalement conservées en terminale), des appréciations solides en première et terminale, et un projet cohérent dans votre lettre de motivation. Il n’y a ni SAT ni MCAT dans le système français : la sélection a lieu après l’inscription, pendant l’année de PASS/L.AS, et non avant. C’est la différence structurelle avec les États-Unis et (pour la médecine) le Royaume-Uni : en France, vous ne vous testez pas pour entrer, vous survivez pour passer la première année.
Une note de planification honnête. Comme l’entrée en deuxième année est un filtre par classement et non une place garantie, traitez le PASS/L.AS comme une année à haut risque. Construisez un vrai plan B — la mineure du PASS ou la licence d’accueil de la L.AS existe précisément pour que les deux tiers d’étudiants qui ne passent pas conservent une licence utilisable. C’est l’assurance la plus importante de tout le parcours.
Les coûts — combien coûtent réellement des études de médecine en France
À l’université publique, les frais de scolarité de médecine sont quasi symboliques ; votre vraie dépense, c’est le coût de la vie sur un cursus long. Les chiffres clés des droits :
| Poste | Étudiant (UE/EEE) |
|---|---|
| Cycles DFGSM (par an) | ~175 € |
| Années de niveau master (par an) | ~243 € |
| Contribution CVEC à la vie étudiante | ~103 €/an |
| 6 années avant l’internat, total des droits | ~1 100 € |
Mettez cela en regard des 15 000–25 000 €/an des facultés privées européennes, ou des coûts à six chiffres d’un cursus médical aux États-Unis, et la voie publique française est dans un autre univers. Les années d’internat (troisième cycle) sont rémunérées — vous êtes un médecin en formation qui touche un salaire, pas qui paie des droits.
Le coût de la vie est le vrai budget, et il reflète le découpage par ville du guide France : environ 1 000–1 400 €/mois à Paris, 700–1 000 € à Lyon, Montpellier, Strasbourg, Lille, Toulouse ou Marseille. Trois aides l’allègent :
- L’aide au logement de la CAF — 150 à 230 €/mois pour un étudiant, sur un logement éligible (caf.fr).
- Le CROUS — résidences universitaires à 200–400 €/mois et le repas au resto U à 3,30 € (1 € pour les boursiers sur critères sociaux).
- À partir du deuxième cycle, un salaire — les externes perçoivent une indemnité modeste dans les services, et les internes touchent un vrai salaire hospitalier.
Un budget réaliste tout compris pour un étudiant en médecine tourne autour de 9 000 à 17 000 € par an coût de la vie inclus, en baisse une fois venues les années hospitalières rémunérées. Comparé aux alternatives anglophones, l’écart se chiffre en centaines de milliers d’euros.
Bourses, droit au travail et la suite après le diplôme
Les bourses spécifiques à la médecine sont rares en France — la logique du système étant que les droits sont déjà quasi nuls, le financement se concentre sur le coût de la vie et sur l’expansion des places depuis 2020, plutôt que sur des exonérations de frais de scolarité. Le conseil budgétaire honnête du guide France vaut doublement ici : le plancher des droits publics, plus la CAF, plus les années cliniques rémunérées font l’essentiel du travail ; traitez toute bourse comme un bonus, pas comme un plan.
- Les bourses du CROUS sur critères sociaux — l’aide principale pour les étudiants français, attribuée sur les revenus du foyer via le Dossier Social Étudiant (DSE), à constituer entre janvier et mai pour la rentrée suivante. C’est la première démarche à faire si votre famille est éligible.
- Erasmus+ — finance les stages cliniques et de recherche intra-UE pendant le cursus.
- Les aides régionales et de votre université — de nombreuses régions et facultés proposent des aides ponctuelles à la mobilité, au mérite ou à la précarité ; renseignez-vous auprès du service scolarité.
Travailler pendant ses études. Vous pouvez travailler sans restriction, mais en pratique la charge de travail médicale — puis les années hospitalières rémunérées — laisse peu de place à un emploi extérieur après la première année. Et c’est très bien ainsi, car dès le deuxième cycle, ce sont les services qui vous paient.
Après le diplôme. Un diplôme de médecine français ouvre trois portes. Au sein de l’UE/EEE, le diplôme d’État de docteur en médecine est reconnu automatiquement au titre de la directive sur les qualifications professionnelles — vous pouvez vous inscrire et exercer en Belgique, en Allemagne, en Espagne ou dans tout État membre avec un minimum de formalités. Compte tenu de la pénurie de médecins, l’emploi en France est quasi assuré. Hors UE, le diplôme est un titre, pas un sésame : les États-Unis exigent l’USMLE et le match de résidence ; le Royaume-Uni (post-Brexit) l’inscription au GMC via le PLAB ; le Canada et l’Australie leurs propres examens de licence. Le diplôme français est répertorié au registre WFME/ECFMG, donc ces voies restent ouvertes — vous passez simplement l’examen du pays d’accueil.
Comment College Council vous aide
La médecine en France récompense deux choses : une lecture lucide et précoce de votre adéquation au modèle à forte sélection, et une planification rigoureuse autour de dates limites absolues. Nous aidons sur les deux.
La première décision est honnête : avez-vous l’appétit pour une année de PASS/L.AS où les deux tiers ne passent pas, et le dossier scientifique pour démarrer ? Nous travaillons cela avec les familles à partir des mêmes données Atlas qui alimentent ce guide, puis nous bâtissons une liste réaliste de facultés et un plan B qui ne gaspille pas une année. Inscrivez-vous sur College Council et passez votre profil dans app.college-council.com/chances : le moteur projette votre dossier — vos spécialités du bac, vos notes, votre projet — sur des probabilités d’entrée réalistes dans les facultés françaises — et dans les alternatives — pour que vous ne jouiez pas une année entière sur un seul amphi bondé. Parcourez chaque faculté de médecine française, son CHU et sa localisation dans notre Atlas des universités.
Si votre projet médical envisage aussi des voies anglophones — l’IMAT en Italie, la pré-med aux États-Unis, ou la médecine au Royaume-Uni — il vous faudra des tests que la France elle-même ne demande jamais. Préparez le SAT numérique pour les candidatures américaines et internationales dans notre application SAT, et le TOEFL iBT pour les programmes en anglais ailleurs dans notre application TOEFL : une seule année de préparation garde plusieurs pays ouverts en même temps. La France ne demande pas de test d’entrée ; votre stratégie élargie, elle, peut en avoir besoin.
Foire aux questions
Combien coûtent les études de médecine en France ?
À l’université publique, les frais de scolarité sont les mêmes droits réglementés de la filière santé que tout le monde paie : environ 175 €/an pour les trois premiers cycles (DFGSM/DFASM) et 243 €/an pour les années de niveau master, plus la contribution CVEC d’environ 103 € à la vie étudiante. C’est l’intégralité de la facture, identique dans les ~35 facultés publiques. À comparer aux 15 000–25 000 €/an des facultés de médecine privées d’Europe. Le coût de la vie ajoute 700 à 1 400 €/mois, en partie compensé par l’aide au logement de la CAF de 150 à 230 €/mois.
Combien de temps faut-il pour devenir médecin en France ?
Entre neuf et onze ans à compter de votre premier jour. Le parcours suit trois cycles : l’année de sélection PASS/L.AS puis le DFGSM (formation générale, 3 ans au total), le DFASM (formation approfondie, 3 ans avec stages hospitaliers), enfin l’internat du troisième cycle après l’épreuve de classement EDN/ECN — trois ans pour la médecine générale, quatre à six pour des spécialités comme la chirurgie, la cardiologie ou la radiologie. La médecine générale prend donc environ neuf ans ; une spécialité chirurgicale onze ans ou plus. Vous obtenez le diplôme d’État de docteur en médecine assorti d’un DES (diplôme d’études spécialisées).
Qu'est-ce qui a remplacé la PACES et le numerus clausus en France ?
La réforme des études de santé de 2019 a supprimé l’ancienne première année PACES et son numerus clausus rigide à partir de la rentrée 2020/21. L’entrée se fait désormais par deux voies : le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé), une première année axée santé avec une mineure dans une autre discipline, et la L.AS (Licence Accès Santé), une licence classique assortie d’une option santé. La sélection repose maintenant sur un numerus apertus — chaque université et son agence régionale de santé fixent le nombre de places en deuxième année, relevé d’environ 15 % au niveau national pour répondre à la pénurie de médecins. Vous pouvez tenter l’entrée en deuxième année deux fois au maximum, toutes voies confondues.
Comment candidater en médecine sur Parcoursup ?
Vous candidatez via Parcoursup, la plateforme nationale d’entrée dans le supérieur, en formulant des vœux PASS et/ou L.AS. La plateforme ouvre mi-janvier, la liste des vœux se ferme en mars, et les réponses arrivent à partir de fin mai. Les facultés de médecine pondèrent fortement vos notes scientifiques : de bons résultats en mathématiques, physique-chimie et SVT (les spécialités du bac) sont de fait indispensables, tout comme un dossier solide en première et terminale. Il n’y a pas d’examen d’entrée préalable de type SAT ou MCAT : en France, la sélection a lieu après l’inscription, pendant l’année de PASS/L.AS elle-même, pas avant.
Un diplôme de médecine français est-il reconnu à l'étranger ?
Au sein de l’UE/EEE, oui — automatiquement. Le diplôme d’État de docteur en médecine est reconnu dans toute l’Union européenne au titre de la directive sur les qualifications professionnelles, si bien qu’un médecin formé en France peut s’inscrire et exercer en Belgique, en Allemagne, en Espagne et dans tout État membre avec un minimum de formalités. Hors UE, le tableau varie : pour exercer aux États-Unis, vous passez l’USMLE et entrez dans le match de résidence ; au Royaume-Uni, depuis le Brexit, vous vous inscrivez auprès du GMC, généralement via le PLAB ; le Canada et l’Australie ont leurs propres examens de licence. Le diplôme est répertorié au registre WFME/ECFMG, donc ces voies restent ouvertes — il ne vous dispense simplement pas de l’examen du pays d’accueil.
Faut-il un très bon dossier scientifique pour entrer en médecine ?
Oui. La sélection en première année est un classement, pas un examen à seuil fixe, et le dossier qui vous y conduit compte énormément. Les facultés attendent un dossier Parcoursup au sommet de la fourchette en sciences — mathématiques, physique-chimie et SVT —, des appréciations solides et une cohérence du projet. Mais le vrai filtre arrive après l’inscription : à la fin du PASS ou de la L.AS, les étudiants sont classés et un quota local — le numerus apertus, fixé par chaque université avec son ARS — détermine qui passe en deuxième année de médecine (ou de dentaire, pharmacie, maïeutique — les filières MMOP). Vous ne vous testez pas pour entrer, vous survivez pour passer la première année.
Quelles facultés françaises sont les meilleures pour la médecine ?
La France compte environ 35 facultés de médecine, toutes publiques et toutes formant au même standard national, si bien que « la meilleure » tient moins aux classements qu’au CHU rattaché et à la profondeur de la recherche. Les pôles recherche-et-hôpital les plus forts sont Sorbonne Université et l’Université Paris Cité à Paris (chacune adossée à l’AP-HP, le plus grand groupe hospitalier d’Europe), l’Université de Montpellier (la plus ancienne école de médecine en activité au monde, fondée en 1220), Aix-Marseille, l’Université Claude Bernard Lyon 1, l’Université de Strasbourg, l’Université de Lille, l’Université de Bordeaux et l’Université Toulouse 3. Le lieu où vous vous formez façonne votre exposition clinique plus que n’importe quel classement.
En résumé — la médecine en France est-elle faite pour vous ?
La France propose l’une des formations médicales sérieuses les moins chères au monde : environ 175 € par an de droits publics, un diplôme reconnu automatiquement dans toute l’UE, et une formation clinique au sein des plus grands réseaux hospitaliers d’Europe. La valeur est imbattable — six années avant l’internat coûtent environ 1 100 € de scolarité, moins qu’une seule semaine de médecine clinique au Royaume-Uni.
C’est fait pour vous si vous arrivez avec un dossier scientifique solide, si vous pouvez encaisser une première année de PASS/L.AS où la plupart des étudiants ne passent pas, et si vous voulez passer une décennie au sein d’un système public, adossé à l’hôpital, avec un emploi assuré à la sortie. C’est le mauvais choix si vous ne supportez pas l’incertitude d’une année à haut risque — auquel cas la voie IMAT en Italie ou la médecine en Grèce pourront mieux vous servir.
Si le modèle vous convient, peu de pays au monde offrent cette combinaison de prix, de reconnaissance et de profondeur clinique. Soignez le dossier, préparez le plan B, et respectez les dates limites.
Prochaines étapes
- Choisissez votre voie — PASS si votre dossier scientifique est au sommet et votre vocation certaine, L.AS si vous voulez garder un diplôme de repli solide ; les deux exigent d’excellentes notes en sciences.
- Planifiez le plan B — choisissez votre mineure de PASS ou votre licence d’accueil de L.AS de sorte qu’une première année non franchie vous laisse une licence exploitable.
- Respectez le calendrier Parcoursup — ouverture mi-janvier, vœux clos en mars, réponses à partir de fin mai ; constituez aussi votre DSE pour les bourses du CROUS.
- Gardez d’autres portes ouvertes — si vous envisagez aussi la médecine en anglais, préparez le SAT et le TOEFL que la France elle-même ne demande jamais.
- Faites le point — inscrivez-vous sur College Council et passez votre profil dans app.college-council.com/chances ; nous tenons chaque faculté française, ses attentes et vos probabilités réalistes.
À lire aussi
- Étudier en France : le guide complet pour les bacheliers — le système français au complet, frais, Parcoursup et après-diplôme
- Étudier la médecine en Italie via l’IMAT — la principale voie anglophone vers la médecine en Europe
- Étudier la médecine en Grèce — une autre destination médicale européenne au bon rapport qualité-prix
- Sorbonne & PSL Paris — guide d’études détaillé — la base de recherche et de médecine la plus profonde de France
Sources et méthodologie
Les fiches d’universités et de facultés proviennent du jeu de données Atlas des établissements d’enseignement supérieur français de College Council, recoupées avec le site de chaque faculté et son centre hospitalier universitaire (CHU). Les chiffres sensibles du cycle en cours (frais, réforme PASS/L.AS, reconnaissance du diplôme, dates limites) ont été vérifiés auprès des sources officielles françaises en juin 2026. Les droits publics de la filière santé sont fixés par arrêté annuel, alors confirmez toujours le montant exact sur la page de votre faculté pour votre année d’entrée.
- service-public.fr — Études de médecine et reconnaissance du diplôme (structure des études médicales ; reconnaissance UE du diplôme d’État) et frais de l’université publique (droits réglementés de la filière santé ; CVEC)
- Ministère de la Santé et de la Prévention — Réforme des études de santé : PASS et L.AS (suppression en 2020 de la PACES et du numerus clausus ; numerus apertus ; hausse d’environ 15 % des places)
- Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche — arrêté annuel des droits, 2025/26 (filière santé ~175 € / ~243 € ; CVEC ~103 €)
- Parcoursup — parcoursup.gouv.fr (candidature PASS/L.AS ; ouverture mi-janvier, clôture en mars, réponses fin mai)
- CAF — caf.fr (aide au logement APL/ALS, 150 à 230 €/mois)
- CROUS / messervices.etudiant.gouv.fr — résidences universitaires (200–400 €/mois), repas du resto U à 3,30 € et bourses sur critères sociaux (DSE)
- Université de Montpellier — Faculté de Médecine — histoire institutionnelle (enseignement médical depuis 1220, la plus ancienne école de médecine en activité)
- AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) — réseau hospitalo-universitaire affilié aux facultés parisiennes (Sorbonne, Université Paris Cité) ; le plus grand groupe hospitalier d’Europe
- College Council — jeu de données Atlas de l’enseignement supérieur (identité, faculté et localisation des établissements français) et expérience interne d’accompagnement des candidats en médecine