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Études en Allemagne pour les bacheliers français - Guide complet 2026

Études en Europe

Études en Allemagne 2026 : frais de scolarité 0 EUR pour les citoyens UE, TUM, LMU, Heidelberg. TestDaF, uni-assist, Numerus Clausus, Semesterbeitrag, BAföG et travail pendant les études.

Panorama du campus TUM à Munich avec les Alpes en arrière-plan

Lead image: Wikimedia Commons

Vous êtes assis à la Mensa de la TUM, sur l’Arcisstraße à Munich. Devant vous, un plateau avec un Schnitzel, des Spätzle et une salade que vous avez payés 4,20 EUR - votre MensaCard étudiant vous donne automatiquement le tarif subventionné. À la table voisine, un groupe d’étudiants français de Lyon débat en allemand avec des Bavarois pour savoir si le Brezel doit avoir des branches épaisses ou fines. Par la fenêtre, vous apercevez l’Olympiapark des années 1970 et les silhouettes des Alpes à l’horizon. Vous ouvrez votre application bancaire et vérifiez : pour tout le semestre d’été, vous avez payé 162,40 EUR de Semesterbeitrag, Semesterticket MVV (transports en commun de Munich et de ses environs) inclus. Ce n’est pas une erreur, ce n’est pas une promotion. Vous étudiez l’informatique dans une université classée dans le top 50 mondial pour 0 EUR de frais de scolarité par an.

L’Allemagne est le deuxième pays de destination le plus populaire en Europe parmi les étudiants français partant à l’étranger - derrière le Royaume-Uni, mais loin devant d’autres destinations. En 2024/2025, environ 40 000 ressortissants français étudiaient dans des établissements allemands, selon les données du DAAD, ce qui fait de la France l’un des premiers pays d’origine des étudiants étrangers en Allemagne. L’Allemagne est le principal partenaire commercial de la France, un pays voisin (Paris à Berlin : environ 8h en TGV-ICE ; Strasbourg à Freiburg-en-Brisgau : moins de 30 minutes ; Strasbourg à Karlsruhe : 1h15) et un pays dans lequel la maîtrise de l’allemand apprise au lycée - LV1 ou LV2 - vous donne un avantage réel sur les candidats venus d’Asie ou d’Afrique qui apprennent la langue en partant de zéro au Studienkolleg.

Dans ce guide, je vous emmène à travers tout le paysage des études en Allemagne : pourquoi la Bavière a abandonné son expérience de frais de scolarité en 2017 et pourquoi le système reste gratuit, le classement des meilleures universités pour les candidats français, le système du Numerus Clausus basé sur la moyenne Abitur, les examens de langue TestDaF et DSH, le processus de candidature via uni-assist et Hochschulstart, les coûts de la vie à Munich versus Leipzig, et les perspectives réalistes de travail pendant et après les études. Si vous êtes intéressé par des universités spécifiques, consultez nos guides détaillés sur la TU Munich, la LMU Munich, Heidelberg, la Humboldt-Universität, la FU Berlin et le KIT.

Études en Allemagne - données clés 2025/2026

0 EUR
Frais de scolarité annuels dans les universités publiques (UE)
Plus Semesterbeitrag 144-350 EUR/semestre
~40 000
Ressortissants français en Allemagne
Année académique 2024/2025
469 000+
Étudiants internationaux
Troisième place mondiale après USA et UK
2 000+
Programmes en anglais
Principalement Master, offre Bachelor en hausse
TUM #28, LMU #54
Meilleures positions QS World Rankings 2025
L'Allemagne a 8 universités dans le top 200 QS
30 min
Train Strasbourg - Freiburg-en-Brisgau
TER/RER - connexion franco-allemande directe

Source : DAAD 2025, Statistisches Bundesamt, QS World University Rankings 2025, study-in-germany.de

Pourquoi choisir l’Allemagne en tant que bachelier français ?

Avant d’entrer dans les détails du système, du recrutement et des coûts, répondons à la question fondamentale : pourquoi l’Allemagne, alors que les Pays-Bas proposent davantage de programmes en anglais, et que la France elle-même dispose d’un enseignement supérieur de haut rang ?

Premièrement - des frais de scolarité à zéro. L’Allemagne est le seul grand pays européen où les frais de scolarité dans les universités publiques sont littéralement de 0 EUR par an pour les citoyens de l’UE, dont les Français. La Bavière est le dernier Land à avoir expérimenté les frais de scolarité (500 EUR/semestre de 2007 à 2013), et le Bade-Wurtemberg a introduit en 2017 une contribution de 1 500 EUR/semestre, mais exclusivement pour les étudiants hors-UE. Les Français, en tant que citoyens européens, sont traités exactement comme les Allemands : ils ne paient que le Semesterbeitrag (contribution semestrielle), qui s’élève à 144-350 EUR et comprend généralement le Semesterticket - un abonnement illimité aux transports en commun et régionaux aux alentours de l’université. Concrètement, pour un semestre à la TU Berlin, vous payez environ 320 EUR, dont un titre de transport valable pour tout le réseau BVG (bus, U-Bahn, S-Bahn, tramway, trains régionaux jusqu’à 50 km du centre-ville).

Deuxièmement - les meilleures formations en ingénierie et sciences exactes d’Europe continentale. La TU Munich, la LMU, Heidelberg et le KIT figurent dans le top 100 mondial du QS World University Rankings, et dans les classements spécialisés STEM (mécanique, physique, chimie), elles se retrouvent régulièrement dans le top 30. L’industrie allemande (Bosch, Siemens, BMW, Volkswagen, SAP, Bayer) constitue la plus grande base d’employeurs en ingénierie d’Europe et un vivier naturel de stages et de premiers emplois pour les diplômés.

Troisièmement - un avantage linguistique pour les bacheliers français ayant étudié l’allemand. C’est un argument rarement mis en avant, mais qui mérite d’être souligné. Si vous avez choisi l’allemand comme LV1 ou LV2 au lycée, vous partez avec un niveau A2-B1. Les élèves ayant suivi une section européenne, une classe bilingue ou le programme ABIBAC (double diplôme franco-allemand délivré conjointement par la France et l’Allemagne) disposent d’un niveau B1-B2 solide dès le baccalauréat. Atteindre le C1 requis pour la plupart des filières représente 1 à 2 ans de travail intensif supplémentaire. À titre de comparaison, un lycéen qui n’a jamais étudié l’allemand a besoin de 3 à 4 ans pour atteindre le niveau équivalent. Si vous avez obtenu l’ABIBAC, sachez qu’il est directement reconnu par les universités allemandes - vous n’avez pas besoin de passer de TestDaF.

Quatrièmement - la proximité géographique et culturelle. Strasbourg est à 30 minutes de Freiburg-en-Brisgau, à 1h15 de Karlsruhe (siège du KIT), à 2h de Stuttgart et à 2h30 de Munich en train direct. Paris est à 3h15 de Cologne par Thalys, et à environ 7-8h de Berlin via Strasbourg et Francfort. Lyon est à moins de 5h de Munich par train en passant par Genève ou Zurich. Les étudiants français partis en Allemagne rentrent chez eux pour les vacances, les week-ends familiaux et les événements importants sans subir des coûts de transport prohibitifs, contrairement aux études au Royaume-Uni. De plus, la région Alsace-Moselle entretient depuis des siècles des liens culturels profonds avec l’Allemagne, et des dizaines de milliers de frontaliers traversent le Rhin chaque jour. Ce n’est pas une émigration au sens plein du terme - c’est faire ses études dans un pays culturellement familier, à portée de TGV.

Cinquièmement - le modèle humboldtien de Forschung und Lehre. Le modèle allemand de Wilhelm von Humboldt (formulé au début du XIXe siècle lors de la fondation de l’Université de Berlin, aujourd’hui la Humboldt-Universität) postule que les étudiants participent à la recherche scientifique dès leur première année d’études. C’est une culture académique différente des grandes écoles françaises (axées sur la formation des élites par concours), du liberal arts américain (centré sur la culture générale) ou du système tutorial britannique (axé sur la discussion individuelle avec un professeur). Les études allemandes sont plus théoriques, exigent davantage d’autonomie et confèrent un diplôme à la forte réputation dans les milieux de la recherche internationale. Pour un bachelier venant d’une prépa scientifique, l’entrée dans un Master allemand peut représenter une transition naturelle.

Quelles universités allemandes sont les meilleures pour les candidats français ?

L’Allemagne dispose d’un système unique en Europe - il n’existe pas d’équivalent unique à l’Oxford-Cambridge ou à la Sorbonne comme institution dominante. À la place, la stratégie d’excellence fédérale (Exzellenzstrategie), lancée par le Ministère fédéral de la Science en 2019, a sélectionné onze Exzellenzuniversitäten (« universités d’excellence »), qui reçoivent un financement supplémentaire et constituent la véritable élite du système. Voici les universités clés pour les candidats français :

Technische Universität München (TUM) - numéro un en Allemagne selon la quasi-totalité des classements. QS 2025 : #28 mondial. Filières les plus fortes : informatique, ingénierie mécanique, électronique, biotechnologie, physique. Certains programmes de Bachelor sont dispensés à 100 % en anglais (Information Engineering, Management & Technology). Frais de scolarité : 0 EUR + Semesterbeitrag d’environ 162 EUR/semestre (avec billet MVV inclus). Le Munich Center for Machine Learning et la Munich School of Robotics sont les meilleurs pôles d’IA en Allemagne. Les diplômés dominent le secteur tech allemand (BMW, Siemens, Allianz). NC pour l’informatique : 1,8-2,2 (en conversion depuis le Baccalauréat : environ mention Bien à Très Bien en maths et bon résultat général).

Ludwig-Maximilians-Universität München (LMU) - la plus ancienne université de Bavière (1472), le plus large choix de filières en lettres et médecine dans le sud de l’Allemagne. QS 2025 : #54. Les filières scientifiques (mathématiques, physique, chimie, biologie) sont au niveau mondial - 43 lauréats du prix Nobel parmi ses anciens étudiants et enseignants. La médecine à la LMU est l’une des plus sélectives d’Allemagne (NC 1,0-1,3, soit la mention Très Bien quasiment obligatoire). Frais de scolarité : 0 EUR + Semesterbeitrag de 167 EUR. Programmes Master en anglais : économie, mathématiques financières, neurosciences, physique théorique.

Universität Heidelberg - la plus ancienne université d’Allemagne (1386) et une ville emblématique de la tradition académique allemande. QS 2025 : #84. Filières les plus fortes : médecine (l’une des trois meilleures d’Allemagne), biologie moléculaire (EMBL Heidelberg, Institut Max-Planck), physique, philosophie. Heidelberg est fréquemment choisie par les étudiants français en médecine, en raison de la combinaison prestige et ambiance internationale (40 % d’étudiants étrangers dans certains programmes Master). NC pour la médecine : 1,0 (tolérance zéro). Frais de scolarité : 0 EUR + Semesterbeitrag de 171,80 EUR.

Humboldt-Universität zu Berlin (HU Berlin) - l’université où ont enseigné Hegel, Schopenhauer, Einstein et Max Planck. 57 lauréats du prix Nobel dans son histoire. QS 2025 : #126. Filières fortes : droit, économie, philosophie, histoire, linguistique, physique. Berlin comme ville : moins chère que Munich (résidence universitaire 280-400 EUR contre 400-550 EUR), davantage anglophone au quotidien, grande communauté francophone. Semesterbeitrag : 315,64 EUR (avec Semesterticket VBB couvrant tout Berlin-Brandebourg - vous pouvez prendre le train jusqu’à Potsdam ou Francfort-sur-l’Oder sans billet supplémentaire).

Freie Universität Berlin (FU Berlin) - la seconde université berlinoise, fondée en 1948 en réponse à la soviétisation de la Humboldt dans le secteur est. QS 2025 : #98. Points forts : sciences politiques (Otto-Suhr-Institut - l’un des meilleurs d’Europe), relations internationales, biologie, médecine vétérinaire. Le campus de Dahlem, à l’ouest de Berlin, est moins animé que Mitte, avec une atmosphère plus académique. Programmes Master en anglais : North American Studies, International Relations, Computational Sciences.

Karlsruhe Institute of Technology (KIT) - la seule association en Allemagne entre une université et un institut fédéral de recherche (née en 2009 de la fusion de l’Universität Karlsruhe et du Forschungszentrum Karlsruhe). QS 2025 : #119. Spécialités : ingénierie mécanique, électrique, informatique, physique. Konrad Zuse y a construit le premier ordinateur commercial en Allemagne. Karlsruhe comme ville : 300 000 habitants, nettement moins chère que Munich ou Berlin (résidence universitaire 220-350 EUR), excellente liaison avec Francfort (1h en train) et Strasbourg (1h15 en train) - un atout majeur pour les étudiants alsaciens et lorrains.

RWTH Aachen - la plus grande université d’ingénierie d’Allemagne, souvent présentée comme le « MIT allemand » par les recruteurs de BMW, Bosch et Volkswagen. QS 2025 : #99. Liens étroits avec l’industrie - plus de 60 % des étudiants effectuent un stage dans une entreprise technologique allemande pendant leurs études. Aix-la-Chapelle se situe à la frontière avec les Pays-Bas et la Belgique - de la ville, vous êtes à 1h30 en train de Bruxelles et à 2h30 d’Amsterdam. NC pour l’informatique : 2,1-2,5.

TU Berlin - l’équivalent berlinois de la TUM. QS 2025 : #154. Points forts en robotique, IA, télécommunications. Se distingue par la plus grande offre de programmes de Licence en anglais parmi les universités techniques allemandes (ex. : Computer Engineering BSc à 100 % en anglais).

D’autres universités importantes : TU Dresden (forte en microélectronique, partenaire d’ASML et Infineon), Universität Tübingen (lettres, IA), Universität Freiburg (sciences naturelles, sylviculture - ville frontalière avec l’Alsace), Goethe-Universität Frankfurt (économie, droit, siège de la Bundesbank), Universität Bonn (mathématiques, économie), Universität Köln (droit, économie).

Évaluation réaliste des chances : pour un bachelier français ayant obtenu mention Bien ou Très Bien (14-18/20 selon la filière) et le niveau C1 en allemand, TUM, RWTH, TU Berlin et KIT sont tout à fait accessibles pour la plupart des filières STEM (hors médecine). La médecine dans toute grande université allemande exige en pratique la mention Très Bien avec une note de 18+/20. Heidelberg, LMU, FU Berlin sont accessibles pour la plupart des filières hors celles à NC les plus élevés.

Peut-on étudier en Allemagne sans parler allemand ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes des candidats français - et la réponse est nuancée selon le niveau d’études visé.

Au niveau Bachelor (Licence) - l’allemand est largement dominant. Plus de 90 % des programmes de Licence dans les universités publiques sont dispensés en allemand. L’exigence linguistique est généralement : TestDaF avec le résultat TDN4 dans les quatre sections (compréhension orale, lecture, expression écrite, expression orale), DSH-2, ou Goethe-Zertifikat C1/C2. Dans certaines universités, le Telc Deutsch C1 Hochschule est également accepté - une alternative plus récente, particulièrement populaire à Berlin et Hambourg. Les programmes de Licence en anglais existent, mais ils restent une niche étroite :

  • TU Berlin - Computer Engineering BSc, Information Systems Management BSc.
  • Jacobs University Bremen (privée) - offre complète de Licences en anglais, frais de scolarité de 20 000 EUR/an (avec bourses réduites à 10 000-14 000 EUR).
  • Constructor University Bremen (anciennement Jacobs Foundation, privée) - BSc en anglais, frais environ 18 000 EUR/an.
  • TUM - Information Engineering, Management & Technology (BSc en anglais, mais très sélectif - environ 5 % des candidats sont admis).
  • Bard College Berlin (privée, liberal arts) - en anglais, frais de scolarité de 28 000 EUR/an.

Au niveau Master, la situation est inversée. Plus de 2 000 programmes de Master en Allemagne sont dispensés à 100 % en anglais (source : base de données DAAD International Programmes). Cela concerne notamment : les sciences exactes (mathématiques, physique, chimie), l’informatique (DAAD recense plus de 280 Masters en CS en anglais), l’ingénierie (mécanique, électronique, biotechnologie), le management (MBA, MIM), l’économie et la finance. Pour les Masters anglophones, le prérequis est un IELTS Academic 6.0-7.0 ou un TOEFL iBT 80-100. TUM, RWTH et KIT exigent typiquement TOEFL 90+ ou IELTS 6.5+. Pour les programmes de management compétitifs (TUM School of Management, ESMT Berlin), le TOEFL 100+ est attendu. Préparez-vous grâce à notre application TOEFL avec des tests complets et un retour d’analyse par IA.

Conseil pratique pour les étudiants français : si vous avez étudié l’allemand au lycée jusqu’au niveau B1, un cours intensif d’un an en France peut vous amener à B2/C1 (Goethe-Institut Paris, Lyon, Strasbourg - cours annuel environ 5 000-7 000 EUR selon le centre). Une autre option : le Studienkolleg en Allemagne (une année préparatoire gratuite, sanctionnée par le Feststellungsprüfung reconnu par toutes les universités). Les ressortissants de l’UE n’ont pas formellement besoin du Studienkolleg (le Baccalauréat français est reconnu comme équivalent à l’Abitur), mais certains y voient une année d’adaptation linguistique et culturelle sans frais. Attention cependant : cette année ne compte pas dans votre cursus - c’est du temps supplémentaire, pas le remplacement de votre première année de Licence.

TestDaF, DSH ou Goethe-Zertifikat - quel examen choisir ?

Le système allemand de reconnaissance du niveau de langue est fragmenté - il existe plusieurs examens acceptés par les universités, et le choix dépend de votre situation.

TestDaF (Test Deutsch als Fremdsprache) - l’examen le plus populaire pour les candidats français. Il peut être passé en France, notamment dans les centres du Goethe-Institut (Paris, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Metz, Toulouse, Lille, Montpellier) ainsi que dans des centres TestDaF-Institut agréés (consultez la liste à jour sur testdaf.de). Coût : environ 195 EUR. Résultat requis pour l’inscription universitaire : TDN4 (Test-Deutsch-Niveau 4) dans les quatre sections - compréhension orale, lecture, expression écrite, expression orale. Échelle : TDN3 (B2.1) - TDN4 (B2.2/C1.1) - TDN5 (C1). L’examen est proposé 6 fois par an. Presque toutes les universités allemandes l’acceptent.

DSH (Deutsche Sprachprüfung für den Hochschulzugang) - l’examen organisé directement par les universités allemandes. Il ne peut être passé qu’en Allemagne (après l’arrivée). Avantage : gratuit ou très peu coûteux (50-100 EUR). Inconvénient : il suppose d’être déjà en Allemagne, et l’université l’exige généralement avant l’immatriculation. Échelle : DSH-1 (B2), DSH-2 (C1), DSH-3 (C2). Le standard requis pour les études est DSH-2. L’examen a lieu une ou deux fois par an, selon le calendrier de l’université.

Goethe-Zertifikat C1 / C2 - l’examen du Goethe-Institut, accepté par la majorité des universités allemandes (mais pas toutes - vérifiez l’université ciblée). Coût : environ 210 EUR (C1) / 240 EUR (C2) en France. Avantage : il peut être passé avant le départ, dans les nombreux centres Goethe-Institut répartis en France. Disponible tout au long de l’année.

Telc Deutsch C1 Hochschule - un examen plus récent (depuis 2009), spécialement conçu pour les études supérieures. Accepté par pratiquement toutes les universités. Il se passe en France dans les centres agréés. Coût : environ 180 EUR.

Cas particulier des élèves ABIBAC - si vous avez suivi le programme ABIBAC (double diplôme franco-allemand qui associe le Baccalauréat et l’Abitur dans un cursus bilingue de trois ans), vous possédez une certification de niveau C1 de l’allemand directement reconnue par toutes les universités allemandes. Ce diplôme est l’équivalent exact du DSD II (Deutsches Sprachdiplom II) et vous dispense de passer tout examen supplémentaire. C’est une économie de 195-210 EUR et plusieurs mois de préparation.

Pour les programmes en anglais, le prérequis habituel est un IELTS Academic 6.0-7.0 (selon l’université) ou un TOEFL iBT 80-100. TUM, RWTH et KIT exigent typiquement TOEFL 90+ ou IELTS 6.5+.

Comment postuler dans les universités allemandes - étape par étape ?

Le processus de candidature allemand est moins centralisé que le britannique UCAS ou le français Parcoursup - il existe trois voies principales selon la filière choisie.

Voie 1 : uni-assist (uni-assist.de) - la voie principale pour la plupart des candidats français. Uni-assist est un service central de vérification des dossiers pour les candidats issus de systèmes scolaires étrangers. En tant que Français titulaire d’un Baccalauréat, vous postulez via uni-assist pour environ 180 universités allemandes qui lui délèguent la vérification des documents. Le processus se déroule ainsi :

  1. Faites traduire vos relevés de notes et votre Baccalauréat en allemand ou en anglais (traduction assermentée - environ 50-150 EUR selon le traducteur).
  2. Créez un compte sur uni-assist.de.
  3. Sélectionnez les universités et filières souhaitées (jusqu’à 10 simultanément).
  4. Téléchargez les documents : relevé du Baccalauréat (avec traduction), bulletins de terminale et première, CV, certificat de langue, lettre de motivation (si requise).
  5. Payez les frais : 75 EUR pour la première candidature + 30 EUR pour chaque candidature supplémentaire (tarifs 2026).
  6. Uni-assist convertit votre Baccalauréat en moyenne allemande (Notendurchschnitt) sur une échelle 1,0-4,0, puis envoie le dossier vérifié à l’université.
  7. L’université émet sa décision directement.

Dates limites : pour le semestre d’hiver (début en octobre) - 15 juillet ; pour le semestre d’été (début en avril) - 15 janvier. Certaines universités ont des dates limites plus anticipées (dès le 31 mai pour l’hiver), vérifiez toujours le site officiel de l’université ciblée.

Voie 2 : Hochschulstart (hochschulstart.de) - le système d’attribution centralisée pour les filières à NC fédéral (médecine, dentaire, pharmacie, médecine vétérinaire). Si vous candidatez en médecine, vous devez obligatoirement passer par Hochschulstart. Le système attribue les places selon trois critères : Abiturbestenquote (20 % des places pour les meilleures moyennes d’Abitur), TMS (Test für Medizinische Studiengänge - 60 % des places, basées sur un test d’aptitude complémentaire) et Auswahlverfahren der Hochschulen (20 % - sélection propre à chaque université). Le Baccalauréat est converti en moyenne Abitur ; en pratique, la médecine exige 1,0-1,2.

Voie 3 : candidature directe à l’université - certaines universités (TUM, LMU, RWTH, FU Berlin) disposent de leurs propres portails de candidature et n’exigent pas uni-assist. Exemple : à la TUM, vous postulez via TUMonline - le système convertit automatiquement votre Baccalauréat. Parfois, la procédure combine les deux : documents transmis via uni-assist et candidature via le portail universitaire. Vérifiez toujours le site officiel de l’établissement ciblé.

Documents habituellement requis :

  • Relevé du Baccalauréat + traduction assermentée en allemand/anglais.
  • Bulletins scolaires (Terminale, Première, Seconde) + traduction.
  • Certificat de langue (TestDaF/DSH/Goethe ou IELTS/TOEFL pour les filières anglophones).
  • CV au format Europass.
  • Lettre de motivation (Motivationsschreiben) - requise pour certaines filières (Masters, programmes sélectifs).
  • Lettres de recommandation (généralement pour les Masters, rarement pour les Licences).
  • Passeport / carte nationale d’identité.

Le Baccalauréat français est reconnu en Allemagne comme équivalent à l’Abitur (sur la base des accords entre la KMK - Conférence permanente des ministres de l’Éducation allemands - et le Ministère français de l’Éducation nationale). Vous n’avez pas besoin du Studienkolleg (cours préparatoire d’un an requis pour les étudiants hors-UE dont le système scolaire n’est pas reconnu comme équivalent). Consultez notre guide sur la conversion du Baccalauréat français en moyenne allemande sur une échelle 1,0-4,0.

Important : en tant que citoyen de l’UE, vous n’avez pas besoin de visa étudiant. Vous pouvez vous rendre en Allemagne avec votre carte d’identité française et vous enregistrer à la mairie (Anmeldung au Bürgeramt) dans les 14 jours suivant votre installation. Les ressortissants français sont traités exactement comme les Allemands en matière de droit de séjour, de travail et d’accès aux établissements d’enseignement supérieur.

Qu’est-ce que le Numerus Clausus et quelle moyenne vous faut-il ?

Le Numerus Clausus (NC) est un mécanisme de limitation des places dans les filières populaires - il remplace l’absence d’un système d’entretien de sélection à l’américaine ou à la britannique. Le NC représente un seuil de moyenne Abitur (ou, pour les bacheliers français : la moyenne convertie à partir des notes du Baccalauréat), en dessous duquel vous ne pouvez pas être admis.

Comment lire l’échelle allemande ? L’échelle va de 1,0 à 4,0, où 1,0 est la meilleure moyenne possible et 4,0 signifie « tout juste validé ». Plus le chiffre est bas, meilleur est le résultat - c’est l’inverse de l’échelle française sur 20. Pour convertir votre Baccalauréat en moyenne allemande, uni-assist utilise la formule bayéroise modifiée (Modifizierte Bayerische Formel) :

Moyenne allemande = 1 + 3 × (note maximale - votre moyenne) / (note maximale - note minimale de passage)

Pour le Baccalauréat français (sur 20, note minimale 10) :

Moyenne allemande = 1 + 3 × (20 - votre note au BAC) / (20-10)

En pratique : mention Très Bien (18/20) au BAC ≈ moyenne allemande 1,6 ; 20/20 ≈ 1,0 ; mention Bien (15/20) ≈ 2,5 ; mention Assez Bien (13/20) ≈ 3,1. Ces chiffres sont indicatifs - la formule exacte peut varier légèrement d’une université à l’autre.

Seuils NC réels pour les filières populaires, semestre d’hiver 2024/2025 (sources : sites officiels des universités, NC-Werte publiés) :

  • Médecine (Heidelberg, LMU, Charité Berlin) : NC 1,0-1,3 - en pratique : mention Très Bien obligatoire, 18+ au BAC dans les matières scientifiques.
  • Médecine (universités moins sélectives : Lübeck, Greifswald, Magdeburg) : NC 1,4-1,6 - BAC 17-18/20.
  • Psychologie (Heidelberg, FU Berlin, LMU) : NC 1,3-1,7 - BAC 16-18/20.
  • Droit (LMU, Heidelberg, Bonn, FU Berlin) : NC 1,6-2,2 - BAC 14-18/20.
  • Informatique / Computer Science (TUM, RWTH, KIT) : NC 1,8-2,5 - BAC 14-16/20 avec de bons résultats en mathématiques.
  • Ingénierie mécanique (TUM, RWTH, KIT) : NC 2,0-2,8 - BAC 13-16/20.
  • Économie / Gestion (LMU, Mannheim, Frankfurt) : NC 1,6-2,2 - BAC 14-18/20.
  • Architecture (TU Berlin, RWTH Aachen) : NC 2,2-2,8 + portfolio.
  • Filières sans NC (environ 50 % de l’offre) : philosophie, la plupart des filières de lettres et langues, mathématiques pures, physique, chimie, biologie (dans la plupart des universités hors top 5), sciences politiques dans les universités moyennes - il suffit de satisfaire aux exigences formelles (BAC validé + langue au niveau C1).

Important : le NC n’est pas un seuil fixe - il est publié à l’issue de chaque recrutement comme « le seuil de la dernière personne admise ». Une année donnée peut être plus ou moins sélective que les précédentes. Une partie des places est réservée aux Härtefälle (cas particuliers - situations familiales, handicap) et aux Wartesemester (semestres d’attente - plus vous attendez, mieux vous êtes traité lors de la deuxième vague de candidatures).

Pour estimer vos chances, utilisez notre calculateur de candidature et vérifiez comment votre Baccalauréat se convertit en moyenne allemande - l’outil modélise précisément la formule bayéroise utilisée par uni-assist.

Combien coûtent réellement les études et la vie en Allemagne ?

Revenons au chiffre qui paraît invraisemblable : 0 EUR de frais de scolarité annuels pour les citoyens de l’UE. Ce n’est pas une accroche marketing, ni un tarif réduit après bourse, ni une promotion de première année - c’est la politique standard des 16 Länder allemands pour l’ensemble des universités publiques.

Exceptions à la règle des 0 EUR :

  1. Bade-Wurtemberg (depuis 2017) - perçoit 1 500 EUR/semestre des étudiants hors-UE. Ne concerne pas les Français.
  2. Second diplôme (Zweitstudium) - si vous êtes déjà titulaire d’un diplôme d’un autre pays et effectuez un second cursus en Allemagne, certaines universités facturent 650 EUR/semestre.
  3. MBA et certains Masters executive - payants, entre 15 000 et 35 000 EUR/an.
  4. Universités privées (Jacobs Bremen, Bard Berlin, ESMT, WHU, Frankfurt School) - 18 000-35 000 EUR/an.

Le Semesterbeitrag (contribution semestrielle) - cette cotisation obligatoire, versée deux fois par an, comprend : la contribution au Studentenwerk (l’organisme étudiant qui gère les restaurants universitaires et les résidences), une partie administrative et le Semesterticket (abonnement aux transports en commun et régionaux, généralement la part la plus importante). Voici les montants pour l’année 2024/2025 :

Université / villeSemesterbeitragCe que couvre le Semesterticket
TU München / LMU162 EURTout le réseau MVV de Munich
TU Berlin / FU / HU315 EURTout le réseau VBB (Berlin + Brandebourg)
Universität Heidelberg172 EURKVV (Karlsruhe-Heidelberg-Mannheim)
KIT Karlsruhe184 EURKVV (Karlsruhe et environs)
RWTH Aachen295 EURAVV + billet jusqu’en Belgique et aux Pays-Bas (50 km de frontière)
Universität Hamburg333 EURHVV (Hambourg et environs)
Universität Köln311 EURNRW Ticket (toute la Rhénanie-du-Nord-Westphalie !)

Pour 311 EUR à Cologne, vous obtenez un abonnement de train régional illimité sur toute la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Cologne, Düsseldorf, Bonn, Aix-la-Chapelle, Münster, Dortmund, Essen) et les transports en commun urbains. C’est probablement le meilleur rapport qualité-prix des transports publics en Europe.

Le coût de la vie varie selon la ville. L’Allemagne présente un fort écart - Munich est comparable à Paris ou Amsterdam, tandis que Leipzig ou Dresde sont moins chères que Lyon.

Munich (la ville étudiante la plus chère d’Allemagne) :

  • Résidence universitaire (Studentenwerk) : 350-550 EUR/mois - liste d’attente de 1 à 2 ans ; postulez dès votre admission.
  • Chambre en colocation privée (Wohngemeinschaft, WG) : 600-850 EUR/mois.
  • Studio : 900-1 300 EUR/mois.
  • Alimentation : 200-280 EUR/mois (Mensa 2,90-4,50 EUR/repas, Lidl/Aldi 50 EUR/semaine).
  • Assurance maladie : 130 EUR/mois (TK, AOK - publique, obligatoire pour les moins de 30 ans).
  • Divers : 150-250 EUR/mois (téléphone, internet, loisirs).
  • Total : 1 100-1 500 EUR/mois.

Berlin / Hambourg / Francfort / Stuttgart :

  • Résidence universitaire : 280-450 EUR/mois.
  • WG : 500-750 EUR/mois.
  • Studio : 700-1 100 EUR/mois.
  • Alimentation : 200-280 EUR.
  • Assurance : 130 EUR.
  • Divers : 150-220 EUR.
  • Total : 950-1 250 EUR/mois.

Leipzig, Dresde, Tübingen, Heidelberg, Aix-la-Chapelle, Karlsruhe (villes moyennes) :

  • Résidence universitaire : 220-350 EUR.
  • WG : 320-500 EUR.
  • Alimentation : 180-250 EUR.
  • Assurance : 130 EUR.
  • Divers : 120-180 EUR.
  • Total : 750-1 000 EUR/mois.

Coût total annuel des études en Allemagne (Semesterbeitrag + vie courante) : 9 000-18 000 EUR. Pour un cycle Licence de trois ans : 27 000-54 000 EUR. À titre de comparaison, une école d’ingénieurs privée en France peut facturer 8 000-14 000 EUR/an de frais de scolarité, auxquels s’ajoutent les coûts de la vie dans les grandes métropoles (Paris : 1 500-2 200 EUR/mois hors logement parental). La différence réelle entre étudier en Allemagne et étudier dans une ville française coûteuse est souvent bien moindre qu’il n’y paraît.

Le Studentenwerk (organisme de services étudiants) gère :

  • Les Wohnheime (résidences universitaires) - option la moins chère, 220-550 EUR selon la ville. Délai d’attente : 6 mois à 2 ans. Postulez IMMÉDIATEMENT après votre admission. Le réseau Studentenwerk compte environ 200 000 places en Allemagne - insuffisant pour 2,9 millions d’étudiants, donc tout le monde n’est pas logé.
  • La Mensa (restaurant universitaire) - repas complet 2,90-4,50 EUR (contre 8-12 EUR en restaurant). La MensaCard est automatiquement disponible dès le paiement du Semesterbeitrag.
  • Le BAföG-Amt - gestion des bourses BAföG (détaillé dans la section suivante).

Pour les logements privés, les plateformes incontournables sont : wg-gesucht.de (le Leboncoin étudiant allemand, de loin le plus utilisé), immoscout24.de, immowelt.de.

Comment travailler pendant ses études en Allemagne, et peut-on obtenir le BAföG ?

C’est la réalité financière concrète des études en Allemagne. Les 0 EUR de frais de scolarité et les bourses disponibles ne constituent que la moitié de l’équation - la plupart des étudiants (allemands comme français) financent leurs études en combinant épargne familiale, travail pendant le semestre et les vacances, et, plus rarement, des bourses.

Travail pour les citoyens de l’UE : en tant que Français, vous avez le droit complet au travail en Allemagne, identique à celui des citoyens allemands. Vous n’avez besoin d’aucune autorisation, visa ou procédure particulière. Mais le droit étudiant allemand impose une limite qui concerne TOUS les étudiants (quelle que soit leur nationalité) pour des raisons d’assurance sociale :

  • 20 heures/semaine pendant le semestre (Vorlesungszeit), ou
  • 120 jours à temps plein / 240 demi-journées par an (généralement pendant les vacances semestrer - février-mars, août-septembre).

Au-delà de cette limite, vous perdez votre statut d’étudiant pour les cotisations sociales - vous commencez à payer les cotisations complètes (Krankenkasse + Rentenversicherung + Arbeitslosenversicherung), ce qui absorbe l’essentiel du salaire. Respectez cette limite.

Salaire minimum (Mindestlohn) en 2025 : 12,82 EUR/h brut (soit environ 9-10 EUR net après impôts). Travailler 20h/semaine × 12,82 EUR = 256 EUR/semaine brut = environ 1 100 EUR/mois brut = 800-900 EUR net. Cela suffit à couvrir les dépenses courantes à Berlin ou Leipzig ; à Munich, il faudra compléter avec de l’épargne.

Options de travail populaires pour les étudiants français :

  • HiWi (Wissenschaftliche Hilfskraft) - assistant de recherche à l’université. Salaire : 12-17 EUR/h (selon le Land et la grille interne de l’université). Avantages : travail lié à votre cursus, excellent pour le CV, contact direct avec les professeurs. Offres disponibles sur le portail de l’université et directement auprès des enseignants-chercheurs.
  • Werkstudent - étudiant travaillant dans une entreprise allemande jusqu’à 20h/semaine (davantage pendant les vacances). Salaires : 14-22 EUR/h dans les grandes entreprises (BMW, Siemens, SAP, Bosch). Très valorisé sur le CV, mène souvent au premier emploi après les études.
  • Cours particuliers - 15-25 EUR/h. Le français est très recherché en Allemagne, notamment pour les adultes souhaitant se préparer à un déménagement professionnel ou pour les enfants scolarisés dans des sections bilingues.
  • Restauration / commerce - salaire minimum ou légèrement au-dessus. Avantage : horaires flexibles.
  • Traductions français/allemand - pour les niveaux avancés, 30-50 EUR/h.

Le BAföG pour les étudiants français - situation complète : le BAföG (Bundesausbildungsförderungsgesetz) est la bourse sociale fédérale allemande. Elle s’élève au maximum à 992 EUR/mois (en 2025), dont la moitié est un don et l’autre moitié un prêt sans intérêt remboursable après les études (jamais plus de 10 000 EUR de dette totale).

Pour les citoyens de l’UE, le BAföG est accessible mais dans des cas limités :

  1. Les parents résident en Allemagne depuis au minimum 3 ans avant votre entrée en études et conservent un lien avec le marché du travail allemand - vous avez alors pleinement droit au BAföG.
  2. Vous avez travaillé en Allemagne au moins 6 mois avant le début de vos études (par exemple en tant que Werkstudent pendant une année de césure) - vous pouvez également y prétendre.
  3. Vous résidez en Allemagne depuis au moins 5 ans avant vos études - droit permanent.
  4. Autres cas - BAföG inaccessible.

En pratique : pour la grande majorité des bacheliers français arrivant directement de France, le BAföG est inaccessible. Les financements réels pour les étudiants français :

  • DAAD (Deutscher Akademischer Austauschdienst) - l’agence fédérale allemande de bourses, principale source de bourses pour les étudiants étrangers. Bourse annuelle pour les Masters : 850-1 200 EUR/mois + allocation forfaitaire pour l’assurance. Candidature sur daad.de, date limite généralement le 30 novembre pour l’année suivante. Très compétitif.
  • Studienstiftung des Deutschen Volkes - la bourse académique la plus prestigieuse d’Allemagne (littéralement la « Fondation nationale des études »). Ouverte aux étudiants étrangers après leur première année en Allemagne, sur nomination d’un professeur. Montant : 300-752 EUR/mois + compléments + réseau de contacts. Très sélective (environ 1 % des étudiants).
  • Aide à la mobilité internationale du CROUS - jusqu’à environ 400 EUR/mois pour les étudiants français boursiers se rendant à l’étranger. Renseignements sur le site du CROUS de votre académie.
  • Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) - soutien à la mobilité franco-allemande, notamment via des programmes de stages, de séjours universitaires et de soutien à l’apprentissage de la langue. Consultez le site ofaj.org pour les appels en cours.
  • Deutsch-Französische Hochschule (DFH/UFA) - pour les étudiants inscrits dans des programmes de double diplôme franco-allemand, des bourses spécifiques sont disponibles. Si votre université française a un accord de double diplôme avec une université allemande, c’est la voie la plus avantageuse.
  • Erasmus+ - si vous êtes déjà inscrit en France et souhaitez passer un semestre ou une année en Allemagne, 270-520 EUR/mois. La voie la plus simple pour « tester » l’Allemagne avant de s’y engager pleinement.
  • Deutschlandstipendium (bourse nationale) - chaque université distribue chaque semestre 300 EUR/mois aux meilleurs étudiants (50 % financés par l’État, 50 % par un sponsor privé). Candidature possible après le premier semestre.
  • Bourses de grandes entreprises - BMW, Siemens, SAP, McKinsey, Bosch proposent des bourses sectorielles (principalement ingénierie, informatique). Compétitives mais accessibles.

En résumé : la stratégie de financement réaliste pour un étudiant français en Allemagne est la combinaison : épargne familiale (environ 6 000 EUR/an) + Werkstudent / HiWi (8 000-12 000 EUR/an net à 15h/semaine) + bourse éventuelle (DAAD, Deutschlandstipendium). Un total de 14 000-18 000 EUR/an couvre l’ensemble des frais de vie et laisse une marge pour les voyages.

Après vos études, vous avez plein droit au travail en Allemagne sans visa ni restriction (en tant que citoyen de l’UE). Salaire moyen d’un ingénieur diplômé en Allemagne : 52 000 EUR/an brut (BMW, Bosch). Informatique : 58 000-65 000 EUR/an brut (SAP, Allianz, startups). Médecine après l’internat : 55 000-68 000 EUR/an brut. Ces montants sont 30-50 % supérieurs aux équivalents français - l’un des facteurs expliquant que des dizaines de milliers de Français font le choix de l’Allemagne pour leurs études.

Sources et méthodologie

Les données de ce guide proviennent des sources officielles suivantes (état en avril 2026) :

  • DAAD (Deutscher Akademischer Austauschdienst) - daad.de, base de données International Programmes, statistiques des étudiants étrangers.
  • Statistisches Bundesamt (Destatis) - données sur le nombre d’étudiants français en Allemagne (année 2024/2025 : environ 40 000), Hochschulstatistik.
  • uni-assist e.V. - uni-assist.de, procédure officielle de candidature, frais, formules de conversion des moyennes.
  • Hochschulstart - hochschulstart.de, système d’attribution des places en médecine et filières connexes.
  • Study-in-Germany.de - portail officiel du Ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche (BMBF).
  • TestDaF-Institut - testdaf.de, données officielles sur l’examen TestDaF, centres et tarifs.
  • Sites officiels des universités : tum.de, lmu.de, uni-heidelberg.de, hu-berlin.de, fu-berlin.de, kit.edu, rwth-aachen.de, tu.berlin - NC-Werte, Semesterbeitrag, programmes.
  • QS World University Rankings 2025 - topuniversities.com, classements des universités allemandes.
  • Deutsches Studierendenwerk - studentenwerke.de, données sur les résidences et Mensas.
  • Bundesagentur für Arbeit - arbeitsagentur.de, Mindestlohn, statistiques du marché du travail pour les diplômés.
  • Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) - ofaj.org, programmes de mobilité franco-allemande.
  • Deutsch-Französische Hochschule (DFH/UFA) - dfh-ufa.org, programmes de double diplôme franco-allemands.

Taux de change utilisé : 1 EUR = 1 EUR (monnaie commune). Toutes les données sur les Länder et universités s’appliquent directement aux ressortissants français.

Méthodologie du classement des universités : nous nous appuyons sur la combinaison du QS World University Rankings 2025 (prestige général), du CHE Hochschulranking (classement national allemand, le plus détaillé d’Europe), du Times Higher Education Rankings 2025 (recherche) et de la réputation auprès du secteur industriel (BMW, Bosch, SAP - préférences des recruteurs pour les diplômés).

Les valeurs NC sont historiques (semestre d’hiver 2024/2025) et peuvent évoluer d’une année à l’autre - consultez toujours les NC-Werte actuels sur le site officiel de l’université ciblée.

À lire également

FAQ - Questions fréquemment posées

Combien coûtent les études en Allemagne pour les étudiants français ?
Les frais de scolarité dans les universités publiques allemandes pour les citoyens de l'UE (dont les Français) sont de 0 EUR. Vous payez uniquement le Semesterbeitrag (contribution semestrielle) de 144 à 350 EUR, qui inclut généralement un abonnement aux transports en commun. La Bavière a abandonné les frais de scolarité pour les étudiants hors-UE en 2017, ramenant tout le pays au modèle gratuit. Les seules exceptions sont le Bade-Wurtemberg (1 500 EUR/semestre pour les non-UE) et les universités privées (10 000-25 000 EUR/an).
Faut-il parler allemand pour étudier en Allemagne ?
Dans la plupart des Licences (Bachelor), l'allemand niveau B2 ou C1 est requis, attesté par le TestDaF (4×TDN4), le DSH-2 ou le Goethe-Zertifikat C1/C2. Pour les Masters, la situation est inversée : plus de 2 000 programmes sont dispensés à 100 % en anglais (avec IELTS 6.5+ ou TOEFL 90+), notamment en sciences, ingénierie et commerce. Certaines licences proposent aussi des filières anglophones (TU Berlin, Jacobs University, Constructor University).
Comment postuler dans les universités allemandes en tant que bachelier français ?
Pour la plupart des filières, vous postulez via uni-assist (uni-assist.de) - le service central de vérification des dossiers pour les candidats étrangers. Pour les filières à Numerus Clausus fédéral (médecine, dentaire, pharmacie, vétérinaire), vous passez par Hochschulstart (hochschulstart.de). Certaines universités acceptent les candidatures directement. Date limite pour le semestre d'hiver : 15 juillet ; pour le semestre d'été : 15 janvier. En tant que citoyen de l'UE, vous n'avez pas besoin de visa ni de Studienkolleg - le Baccalauréat français est reconnu comme équivalent à l'Abitur.
Qu'est-ce que le Numerus Clausus et comment fonctionne-t-il ?
Le Numerus Clausus (NC) est une limitation du nombre de places dans les filières populaires. Il s'exprime comme un seuil de moyenne Abitur calculée à partir du Baccalauréat. La médecine à Heidelberg/LMU exige NC 1,0-1,3 (soit mention Très Bien, environ 18+/20 au BAC), la psychologie 1,5-1,9, le droit 1,7-2,2, l'informatique 1,9-2,5. Plus le chiffre est bas, plus la moyenne requise est élevée (échelle 1,0-4,0 où 1,0 est la meilleure note). Les universités publient les NC-Werte chaque semestre sur leurs sites officiels.
Combien coûte la vie étudiante en Allemagne ?
Munich et Hambourg : 1 100-1 500 EUR/mois (résidence universitaire 350-550 EUR, alimentation 200-280 EUR, Semesterticket inclus, assurance maladie 130 EUR, divers 200-300 EUR). Berlin, Francfort, Cologne : 950-1 250 EUR/mois. Petites et moyennes villes (Leipzig, Dresde, Tübingen, Heidelberg, Aix-la-Chapelle) : 750-1 000 EUR/mois. Le gouvernement allemand exige une preuve de 11 904 EUR/an pour les étudiants hors-UE (Sperrkonto), mais les citoyens de l'UE ne sont pas concernés.
Quels examens de langue faut-il - TestDaF, DSH ou Goethe ?
Le TestDaF est le plus courant : il se passe en France dans les centres Goethe-Institut (Paris, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Metz), coûte environ 195 EUR et est accepté par toutes les universités allemandes. TDN4 dans les quatre sections est la norme requise. Le DSH se passe directement à l'université en Allemagne - gratuitement ou pour 50-100 EUR - mais uniquement après l'arrivée. Le Goethe-Zertifikat C1/C2 est largement accepté. Telc Deutsch C1 Hochschule est une alternative plus récente, tout aussi efficace. Pour les programmes en anglais : IELTS 6.5+ ou TOEFL 90+.
Puis-je travailler pendant mes études en Allemagne ?
Oui, en tant que citoyen de l'UE vous avez plein droit au travail. La législation étudiante allemande limite à 20h/semaine pendant le semestre et 120 jours à temps plein (ou 240 demi-journées) par an au salaire minimum (Mindestlohn 12,82 EUR/h brut en 2025). Au-delà, vous perdez votre statut étudiant pour l'assurance sociale. Options populaires : HiWi (assistant de recherche, 12-17 EUR/h), cours particuliers (le français est très demandé), restauration, stages Werkstudent (jusqu'à 20h/semaine, davantage pendant les vacances).
Un étudiant français peut-il obtenir le BAföG en Allemagne ?
Le BAföG (Bundesausbildungsförderungsgesetz) est la bourse sociale fédérale allemande (jusqu'à 992 EUR/mois, moitié don, moitié prêt sans intérêt). Pour les citoyens de l'UE, il est accessible mais de façon limitée - les parents doivent résider en Allemagne depuis au moins 3 ans, ou l'étudiant doit avoir travaillé en Allemagne avant ses études. Pour la plupart des bacheliers français arrivant directement de France, le BAföG est inaccessible. Les vraies bourses pour les Français : DAAD (850-1 200 EUR/mois), aide à la mobilité internationale du CROUS, Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ), Studienstiftung des Deutschen Volkes (après la première année), Erasmus+.

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